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L’étincelant pianiste Dmitry Masleev à la fondation Vuitton

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Fondation Louis Vuitton : Auditorium. 2-II-2017. Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonates K.27, K.466, K.1 et K.141. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Sonate n°2 op. 14 ; Sonate n°3 op. 28. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Morceaux de fantaisie op. 3 n°1 et n° 2 ; Etudes-tableaux op. 33 n° 4 et op. 39 n° 4 et n°9. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Danse macabre. Dmitry Masleev, piano.

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Dans le cadre séduisant de la Fondation Vuitton, le jeune pianiste russe nous offre un récital de haut niveau composé d’auteurs judicieusement choisis pour se confronter, se compléter et se rapprocher de manière parfois troublante.

Triomphal vainqueur du concours international Tchaïkovski en 2015, , du haut de ses vingt-neuf ans, est déjà reconnu internationalement par un public enthousiaste et séduit par ce musicien hors pair. Les jeunes pianistes sont légion de par le monde, et Masleev y occupe déjà une place de choix. En cette soirée du 2 février, le récital donné dans le bel auditorium de la Fondation Louis Vuitton débutait avec quatre sonates de . D’emblée le jeu de l’école russe est bien là, tout en profondeur de clavier, « au deuxième échappement » comme disent les spécialistes. Toute une gamme de nuances subtiles apparaissent alors, rendant le discours initialement prévu pour le clavecin complètement approprié au Steinway de notre temps. L’alternance de climats méditatifs et virtuoses, véritables microcosmes, confirme cette impression d’intemporalité, comme chez Bach. Un usage modéré mais bien présent de la pédale épanouit les textes et les projette dans l’espace, tel un feu d’artifice.

Passer ensuite directement à Prokofiev pourrait paraître osé, et pourtant, Dmitry Masleev nous montre aussitôt qu’il est entré dans son jardin. Successivement, il nous propose les sonates n°2 en quatre mouvements et n° 3 en un mouvement, œuvres de jeunesse toutes deux écrites avant la guerre de 1917. L’énergie coutumière chez Prokofiev, faite de rythmes et de thèmes entremêlés, est rendue intensément par le pianiste, jusqu’au bout du défi technique et musical.

Après un bref entracte, le troisième compositeur au programme nous ramène tout à coup à la Russie du piano post-romantique, avec deux extraits des Morceaux de fantaisie op. 3, dont le célèbre Prélude en Ut dièse mineur, grande arche imposante et lyrique. À la suite, trois extraits des Etudes–tableaux viennent confirmer l’étonnante approche étincelante et engagée de l’interprète. Quoi de mieux pour terminer que la Danse macabre de , revue et corrigée comme il se doit par Franz Liszt et encore arrangée par Wladimir Horowitz, idéale pour le jeu infaillible et éblouissant de Masleev.

La boucle est bouclée, prolongée par deux bis encore choisis dans le grand répertoire russe. Ce récital confirme l’immense talent de ce pianiste que l’on aura plaisir à entendre à nouveau tout au long d’une carrière bien prometteuse.

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