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Maria João Pires irrésistible dans Mozart

Concerts, La Scène

Aix-en-Provence. Grand Théâtre de Provence. 2-II-2017. Antonin Dvořák (1841-1904) : Légendes op. 59 (extraits) ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n° 27 en si bémol majeur KV 595 ; Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n°104 en ré majeur « Londres ». Maria João Pires, piano ; Scottish Chamber Orchestra ; Robin Ticciati, direction.

les-theatres-maria-joao-pires-scottish-chamber-orchestra-mjuwmzm1njk2Le Grand Théâtre de Provence fut à nouveau le lieu incontournable pour les mélomanes venus très nombreux jeudi dernier pour entendre . Un concert à guichets fermés qui a permis de vérifier à quel point la pianiste portugaise nourrit une affinité profonde avec le Maître de Salzbourg.

En première partie, le , sous la direction de son chef principal, , a choisi une sélection des Légendes de Dvořák. À l’origine, il s’agit d’un cycle de dix pièces écrites pour piano à quatre mains. Cette version orchestrale est d’un intérêt mineur et ne parvient pas à nous emporter. Pourtant la direction est fluide. L’ensemble fait apprécier une palette de couleurs notamment du côté des bois tandis que les cordes possèdent un son homogène distinct.

Changement de décor avec l’ultime Concerto pour piano de Mozart. Equilibrés, les différents pupitres instaurent un climat lumineux dirigés par un Ticciati inspiré et conversent à merveille avec le piano, souverain de bout en bout. Dès les premières notes, la soliste nous délecte de son Cantabile velouté, un modèle du genre. La vérité mozartienne selon Pires résonne avec modernité, elle touche les sens et l’âme, occupe pleinement l’espace. Cette simplicité de jeu est redoutable car celui- ci ne fait qu’un avec le caractère de chaque phrase. La compréhension même de sa substance semble de l’ordre de l’indicible. Les différents masques de Mozart se succèdent. À la tendresse, la gaîté apparente, mêlée parfois d’une pointe d’humour, succède une touche dramatique empreinte de gravité. Le Larghetto devient un immense arc suspendu dans le temps. On ressent un magnifique respect entre les musiciens. Tous sont comme suspendus à chaque intervention de la pianiste. À noter un jeu millimétré de la pédale forte dans le dernier mouvement. La clarté de son exécution est d’un charme irrésistible et, toujours dans ce rapport idéal entre ombre et lumière, nous entendons une variété pleine dans les textures.
Le public ovationne les musiciens, subjugué par ce qu’il vient d’entendre.

L’Andante du concerto n°21 est donné en bis. Dans cette version dépoussiérée, le tempo pris allant s’avère intéressant et éloigne cette interprétation de toute mièvrerie. Toutefois, il ne nous permet malheureusement pas d’en apprécier totalement les nuances ni d’accéder à un état de sérénité.

Après l’entracte, place à la symphonie n° 104, dite « Londres » de Haydn, la douzième et « dernière des anglaises ». Très à l’aise, le maestro anglais dirige son ensemble sans partition. Cette œuvre concentre avec cohérence de multiples qualités : virtuosité de l’écriture, profondeur mais aussi liberté et puissance expressive. Sous la conduite souple d’un chef attentif, on assiste à une interprétation dynamique dans laquelle l’équilibre des plans sonores est de mise. Les transitions s’enchaînent avec finesse et l’expression n’est jamais figée, notamment dans l’Andante où elle apparaît pudique. Autant d’éléments qui permettent aux Scottish de briller.

Crédits photographiques : © Ewan Robertson

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