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Sibelius et Richard Strauss à Radio France avec Mikko Franck

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Auditorium de la Maison de la Radio. 3-II-2017. Jean Sibelius (1865-1957) : Nocturne (Festin de Bathazar) ; Six humoresques pour violon et orchestre. Richard Strauss (1864-1949) : Une vie de héros. Alina Pogostkina, violon. Orchestre philharmonique de Radio France. Direction : Mikko Franck.

Mikko-FranckAbramowitz

et l’ ont fait vibrer Sibelius et en compagnie de la violoniste russe Alina Pogostikina. Une soirée à l’auditorium de Radio-France qui consacre les affinités du nouveau chef pour cette excellente phalange.

Dans l’auditorium boisé de Radio-France, ce concert du 3 février proposait en ouverture le Nocturne pour orchestre op. 51 n°3 d’après Le Festin de Balthazar, de . , finlandais tout comme ce compositeur, nous plonge aussitôt dans un univers de douceur ouatée, comme un paysage enneigé du grand nord, évocateur de quelque antique saga. La flûte solo offre une mélodie éthérée et planante, magnifiquement rendue ici. Rien de mieux pour se glisser dans ce monde féérique des steppes septentrionales. Après cette introduction paisible, les Six humoresques du même compositeur voient l’arrivée de la violoniste russe . Ces pièces, véritables petits bijoux à l’égal du célèbre Concerto pour violon, furent composées en 1917 dans un contexte politique et personnel difficiles. L’effectif orchestral en est réduit afin de s’équilibrer au mieux avec le soliste. La prestation d’ est restée intime à l’image de ces miniatures. Peut-être aurait-on aimé de sa part un peu plus de présence et d’engagement dans ces pièces, certes tournées vers le rêve, mais dont le charme et l’attraction demandent un certain charisme qui faisait quelque peu défaut.

À la reprise, et son poème symphonique Une vie de héros rassemblait l’Orchestre philharmonique de Radio-France au grand complet. Œuvre de jeunesse écrite juste après le célèbre Don Quichotte, la critique rapporte que cette vie de héros pourrait bien être celle du compositeur lui-même. On y reconnait le style habituel du maître, finalement assez éloigné de quelque influence extérieure, marqué par de grands contrastes dynamiques, une harmonie audacieuse, parfois d’un désordre apparent, mais très efficace au niveau de l’impact. Dans ce déluge sonore parfois très prégnant, quelques moments de pure grâce sont portés par le violon solo qui évoque Pauline, l’épouse du héros. Le violon solo a donné beaucoup de finesse à ces instants d’exception.

Les applaudissements offerts à l’orchestre, au violon solo et à son chef Mikko Franck (dont on apprend avec joie qu’il est reconduit à la tête de cet orchestre jusqu’en 2022), ont démontré la réussite musicale de cette soirée placée sous le signe d’un certain néo-classicisme en musique.

Crédits photographiques : Mikko Franck © C. Abramowitz / Radio France

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