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Jansons à Luxembourg, Mahler toujours

La Scène, Musique symphonique

Luxembourg. Philharmonie. 6-II-2017. Gustav Mahler : Symphonie n° 9. Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise ; direction : Mariss Jansons.

11 - CopieQuelques jours après Paris, mais dans un programme très différent, l’ poursuit sa tournée européenne avec une étape à Luxembourg. Les grandes symphonies de Mahler sont le menu quotidien de telles tournées, mais rares sont les orchestres et les chefs qui, dans ce répertoire, justifient des attentes aussi élevées que Jansons et la Radio Bavaroise.

Si vénérables que soient les mérites de en matière mahlérienne, il faut avouer que le premier mouvement laisse ce soir pour le moins perplexe. Où est le subtil dialogue entre effets de masse et délicatesses solistes, où est l’introspection, où sont les élans vitaux qui devraient nourrir le discours musical ? Pour ne rien arranger, les sièges de certains musiciens viennent accompagner la musique de grincements que Mahler n’avait pas notés dans la partition : difficile de comprendre pourquoi la musique résiste ce soir autant au chef et à des musiciens pourtant si expérimentés dans ce domaine.

Dès le second mouvement, heureusement, tout s’arrange. Terrien, ce Ländler l’est assurément, plus peut-être qu’on ne l’aurait attendu de Jansons, jusqu’à la caricature même : l’humanisme chaleureux avec lequel il aborde d’autres chefs-d’œuvre mahlériens, la deuxième symphonie par exemple, n’est ici pas à l’ordre du jour : on est déjà presque chez Chostakovitch, autre spécialité de Jansons. Le choix est intéressant, d’autant qu’il est cette fois soutenu par la science habituelle du chef dans l’organisation de vastes paysages sonores.

6 - CopieQuand vient le finale, et même si les grincements de sièges ne connaissent pas de répit, on retrouve le meilleur Mahler de Jansons et de son orchestre-partenaire. Dans l’espace de la Philharmonie, les cordes prennent un volume et une légèreté, et elles sont comme surmontées par des cuivres tout aussi transparents et amples. Sans céder aux effets faciles, sans même mettre les paramètres expressifs au premier plan, Jansons livre des adieux déchirants, d’une expressivité toute en retenue et d’une pure beauté sonore qui fait oublier les difficultés du premier mouvement.

Crédits photographiquess : © Sébastien Grébille

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