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Une biographie captivante de Vladimir Horowitz

À emporter, Biographies, Livre

Horowitz, l’Intranquille. Jean-Jacques Groleau. Actes Sud, Arles. 195 p. 19 €. Février 2017.

 

1507-1 Après un essai sur Rachmaninov, , actuel directeur artistique du Capitole de Toulouse, nous livre une biographie synthétique et accessible d’un monstre sacré du piano : .

« Intranquille » est bien le terme qui convient au personnage tel que nous le décrit l’auteur : intranquille dans son rapport à la scène, à la virtuosité, au public et aux critiques, ou au vieillissement. Mais Horowitz était également tourmenté dans sa vie privée, entre son épouse Wanda, fille de l’imposant Toscanini et femme sur-protectrice (mais au soutien indéfectible, reconnaît l’auteur), et sa fille Sonia, quasi absente.

C’est une vie exceptionnelle, dominée par une carrière longue et chaotique, que raconte : la jeunesse en Ukraine où il naît en 1903 dans une famille aisée et musicienne, ruinée par la Russie bolchevique, puis l’Europe, qui révèle sa virtuosité et sa personnalité pianistique très tôt marquée, et enfin les États-Unis, où il s’exile définitivement en 1939 et acquiert la nationalité américaine. La fin de sa vie est marquée par une tournée russe et européenne (voir par exemple le concert de Berlin en 1986), émouvant retour aux sources. Horowitz, c’est le génie des concerts, avec des retours sur scène d’autant plus attendus et médiatiques que les absences étaient longues, et des enregistrements mythiques, rendus parfois difficiles par le perfectionnisme du pianiste. Ce sont également des rencontres, avec en premier lieu Rachmaninov, son ami et soutien de toujours. C’est, enfin et surtout, un style et un répertoire (Rachmaninov, mais aussi Scriabine, Clementi et Scarlatti, Barber côtoyant les romantiques et les classiques). L’auteur souligne au passage « son sens de la narration », osant une comparaison avec Maria Callas qui pouvait aussi « pousser la musique jusque dans ses ultimes retranchements ».

Les épisodes de cette vie sont analysés de manière nuancée et avec une certaine distance, en dépit de l’admiration de l’auteur pour Horowitz. Complétée par une préface d’André Tubeuf, un épilogue et une bibliographie, cette biographie est relativement classique dans sa forme. Il ne s’agit pas du premier essai sur ce sujet, l’auteur citant notamment la biographie de Glenn Plaskin parue du vivant du pianiste. Ici, le format synthétique et concis, un style alerte, un sérieux sans académisme (en cela, tout à fait dans la veine de la collection Classica), rendent l’ouvrage captivant, tant pour les aficionados d’Horowitz que pour les mélomanes moins avertis.

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