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Œuvres de Richard Dubugnon par l’Orchestre National de France

À emporter, CD, Musique d'ensemble, Musique symphonique, Opéra

Richard Dubugnon (né en 1968) : Arcanes Symphoniques op. 30 (extraits). Triptyque op. 23. Le Songe Salinas op. 36. Nora Gubisch, mezzo-soprano ; Thomas Dolié, baryton ; Orchestre National de France, direction : Laurent Petitgirard (Arcanes), Debora Waldman (Triptyque), Fabien Gabel (Le Songe). Enregistré à Paris en 2001, 2008 et 2009. Livret bilingue anglais-français. Durée : 62’32.

 

dubuPrésentant trois œuvres composées entre 1999 et 2003, le nouvel album Naxos consacré au compositeur naturalisé français reprend d’abord cinq des vingt-deux pièces de ses Arcanes Symphoniques, puis donne deux premières mondiales, le Triptyque, et Le Songe Salinas. L’ ou ses solistes sont présents dans tous les enregistrements, et dirigés par trois chefs différents.

Basées sur le jeu de Tarot, et recherchant une variété de couleurs, de modes et d’accords par le biais d’une écriture tonale qui peut être qualifiée de « classique-moderne », les cinq Arcanes Symphoniques, enregistrées ici en 2001 à la Salle Olivier Messiaen de la Maison de la Radio, bénéficient de la baguette rigoureuse de , qui met en avant la palette de coloris des instruments de l’ONF. D’environ deux minutes chacune, les pièces alternent entre éclats (« La Roue de la Fortune »), dynamique (« La Force »), introspection (« La Maison-Dieu ») ou calme (« L’Étoile »).

La pièce suivante, Triptyque, date de 1999 et est une combinaison pour voix de baryton et trois groupes spatialisés en triangle sur scène autour des voix : trompette, cor, trombone et clavecin à gauche, flûte, hautbois, clarinette et célesta à droite et timbales, vibraphones, percussions et contrebasse au centre. La sensation d’espacement semble plus assurée au casque que sur enceintes. La partition de chant, sur des textes de , est superbement tenue par le baryton , mais ne renouvelle absolument pas un style qui ressemble fort à celui d’un Milhaud presque cent ans plus tôt, tandis que la partition instrumentale rappelle également une époque proche de celle du Groupe des Six.

La dernière œuvre présentée est un court opéra d’environ trente minutes pour voix soliste et orchestre, dans le style des grandes heures de l’orientalisme français du début de siècle dernier. Dans le livret, le compositeur intègre ce Songe Salinas dans la continuité de Salomé ou Shéhérazade, justifiant pour l’occasion l’utilisation d’instruments arabes comme le bendir et le darbouka. Le résultat, enregistré en concert en 2009 au Théâtre des Champs-Élysées, montre un engagement intéressant et résolu de la mezzo-soprano , qui tente de développer le texte, encore une fois écrit par , pour en faire une sorte de drame pour femme, à l’image de La Voix Humaine de Cocteau et Poulenc. Le jeune chef dirige pour l’occasion l’Orchestre National, et doit aborder une partition simple, fragmentée et colorée, qui boude la modernité de ce nouveau siècle, sans non plus réussir à développer de façon convaincante les différentes ambiances proposées.

En fin de compte, ce CD est une bonne carte pour découvrir le compositeur , et mérite d’être connu des amateurs de musiques françaises de la première moitié du XXe siècle, ou des adeptes de compositeurs tels que Dutilleux ; mais il ne semble présenter aucune nouveauté dans la recherche de voies musicales futures.

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  • http://www.richarddubugnon.com Richard Dubugnon

    Merci de cette critique, cher Vincent, j’en regrette simplement l’incohérence éditoriale en relation avec l’article Resmusica de feu Alain Steghens http://www.resmusica.com/2009/05/17/salinas-du-mystere-a-lhypnose/ Est-ce que votre jugement subjectif et pauvrement argumenté ne serait-il pas influencé par une certaine idéologie (que je trouve du coup passéiste) ? Qu’est-ce que la modernité selon vous ? Bien à vous,

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