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L’émouvant hommage de Radio France à Kurt Masur

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris, Auditorium de Radio France. 9-II-2017. « Hommage à Kurt Masur » : Johannes Brahms (1833-1897) : Chant du destin pour Chœur et orchestre ; Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n° 5 ; Henri Dutilleux (1916-2013) : Sur le même accord ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour violon et orchestre n° 1. Anne-Sophie Mutter : violon. Chœur de Radio France, Orchestre national de France, Ken-David Masur : direction.

as mutter2Pour rendre hommage à la haute figure de , décédé en 2015, et qui avait porté l’ à son sommet durant sa direction musicale (2002-2008), Radio France a invité son fils, chef d’orchestre encore effacé par rapport au souvenir du maestro, et la grande , dont l’évolution stylistique actuelle vers un jeu au romantisme exacerbé peut déconcerter. Un concert au programme curieux et hétérogène, au résultat plus émouvant que réellement enthousiasmant.

Pour cette soirée, la baguette a été symboliquement confiée à , fils du maestro (dont il fut aussi l’assistant à la radio de 2004 à 2006). Pour commencer, le bref Chant du destin de Brahms, qui permet aussi de retrouver le chœur de la radio, semble un peu engoncé, comme si la solennité de l’occasion bridait chanteurs et musiciens. Ensuite, la Symphonie n° 5 de Schubert bénéficie d’une exécution brillante, mais dans laquelle l’impression que l’orchestre joue un peu en pilotage automatique s’impose, comme si la battue de ne s’imprimait pas vraiment sur l’orchestre.

En deuxième partie arrive la star invitée de la soirée, . Plutôt précautionneuse dans le bref morceau de Dutilleux qu’elle a justement créé avec en 2002 à Londres (et qu’elle joue cependant avec la partition), elle confirme son évolution actuelle dans le premier Concerto de Mozart ; style extrêmement romantique, vibrato généreux, rubato sans limite, ajout de cadences virtuoses… Quant au bis, l’aria de la Suite en ré de Bach, il dépasse toutes les limites dans ce style qu’on peut qualifier soit d’hyper-romantique, soit de franc mauvais goût. Curieuse conclusion d’un concert marqué par beaucoup d’émotion (les discours introductifs, le bouquet offert par à la veuve du maestro) mais curieusement bancal d’un strict point de vue musical.

Crédit photographique : Anne-Sophie Mutter © Bastian Achard

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