tous les dossiers(1)

Splendide Turandot de Riccardo Chailly

À emporter, DVD, DVD Musique, Opéra

Giacomo Puccini (1858-1924) : Turandot. Version complétée par Luciano Berio. Mise en scène : Nikolaus Lehnhoff. Décors : Raimund Bauer. Costumes : Andrea Schmidt-Futterer. Lumières : Duane Schuler. Chorégraphie : Denni sayers. Avec : Nina Stemme, Turandot ; Carlo Bosi, L’empereur Altoum ; Alexander Tsymbalyuk, Timur ; Aleksanders Antonenko, Calaf ; Maria Agresta, Liu ; Angelo Veccia, Ping ; Roberto Covatta, Pang ; Blagoj Nacoski, Pong ; Gianluca Breda, Le mandarin ; Azer Rza-Zada, Le prince de Perse. Chœur du Teatro alla Scala de Milan. Maîtrise de l’Accademia Teatro alla Scala (chef de chœur : Bruno Casoni). Orchestre du Teatro alla Scala de Milan, direction : Riccardo Chailly. Réalisation : Patrizia Carmine. Enregistré en direct au Teatro alla Scala de Milan en mai 2015. Sous-titrage en italien, anglais, français, allemand, chinois et coréen. Notice en anglais. Format image : NTSC 16:9. Format son : LPCM Stereo, Dolby Digital 5.1 1 DVD. Decca 074 393. Zone 0. Durée totale : 136’.

 

turandot chaillyVue la vidéographie copieuse de Turandot, une nouvelle version ne s’imposait peut-être pas. Mais la direction exemplaire de justifie à elle seule cette parution.

Qu’est-ce que Turandot ? Une œuvre monumentale aux chœurs imposants obligeant les chanteurs à se transformer en machines à décibels ? Un opéra facile d’accès misant surtout sur l’éblouissement du public et, par conséquent, le plus adapté aux espaces en plein air ? Tant de chefs et metteurs en scène nous ont habitués à cette vision des choses. nous offre une lecture bien différente. Il nous fait découvrir une partition étonnement moderne, aux richesses orchestrales et harmoniques inouïes. Certes, les moments d’éblouissement y sont, et les grands sentiments aussi. Mais jamais on ne sombre dans le monumentalisme ou dans le kitsch. Logiquement, Chailly remplace le finale complété par Franco Alfano par la version plus intimiste de . Pas de triomphalisme donc, mais un amour bâti sur le sacrifice de Liu.

Heureusement, cette lecture se marie à la vision scénique de , décédé peu après cette première. Sobre, aux effets visuels marquants, la mise en scène évite soigneusement toute chinoiserie forcée. Elle nous raconte, en revanche, l’histoire d’une femme qui craint profondément l’amour. Son lourd costume noir est le symbole de cette peur, et ce n’est qu’au moment où Calaf commence à la déshabiller qu’elle accepte enfin ses sentiments pour lui. , voix sombre et puissante, mais capable de belles demi-teintes, incarne à merveille cette Turandot plus fragile que d’habitude. Dommage seulement que son registre aigu se soit considérablement durci au cours des dernières années.

À ses côtés, campe un Calaf des plus solides. S’il se crispe, malheureusement, juste au moment de « Nessun dorma », le ténor letton exhibe par ailleurs une voix large et des aigus sûrs, faisant preuve d’une étonnante souplesse au moment du duo final. Excellents la Liu de , aux ravissants aigus émis pianissimo, et le Timur d’ au timbre particulièrement enjôleur. Rien à redire non plus quant au trio efficace de ministres. Mention spéciale enfin pour l’Altoum, plus en voix que d’habitude, de .

Banniere-abecedaire728-90-resmusica-janvier16

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.