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Une nouvelle étape du parcours brucknérien de Yannick Nézet-Séguin

À emporter, CD, Musique symphonique

Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°2 en ut mineur (édition Haas). Orchestre Métropolitain, direction : Yannick Nézet-Séguin. 1 CD Atma Classique ACD2 2708. Enregistrement réalisé à Montréal en septembre 2015. Notice bilingue : français et anglais. Durée : 62’.

 

ACH003873145.1478840106.580x580Avec cette Deuxième symphonie, poursuit une intégrale des symphonies de Bruckner qui confirme ses affinités avec l’œuvre du compositeur autrichien. Il reste fidèle à son de Montréal, plus à son aise ici que dans les dernières symphonies.

Avec son du Québec, a entrepris l’édification patiente d’une intégrale des symphonies d’ assez unanimement saluée. Son septième volet nous offre la Deuxième symphonie, partition à la genèse complexe et aux nombreuses rédactions successives ; on sait en effet que Bruckner, perpétuel insatisfait, réécrivait sans cesse ses œuvres, laissant d’innombrables variantes qui ont donné lieu à de nombreuses éditions différentes. Nézet-Séguin, qui se réclame volontiers de , inoubliable interprète de l’œuvre, choisit la version éditée par Robert Haas, sans les fâcheuses coupures qui entachaient justement la gravure de Giulini (Testament). En particulier, il restitue au cor le magnifique mais périlleux solo qui conclut l’adagio (jugé injouable lors de sa création, il fut confié à la clarinette, mais perdait ainsi de sa magie originelle). À la différence de beaucoup de chefs contemporains, comme Simone Young notamment, le chef québécois n’opte cependant pas pour la toute première rédaction, qui plaçait le scherzo en deuxième position, devant l’adagio.

Prise dans son ensemble, l’interprétation de Nézet-Séguin s’impose par son lyrisme généreux, s’appuyant sur des basses puissantes, et une clarté des lignes polyphoniques absolue. Quant à l’Orchestre Métropolitain, qu’on a pu juger un peu juste en ampleur et en effectif pour les trois dernières symphonies (par ailleurs remarquablement réussies par le chef canadien), il est ici nettement plus convaincant, ne serait-ce que parce que l’orchestration est de dimension plus réduite (pratiquement semblable à celle de la Neuvième de Schubert par exemple). Chaque étape de ce cycle confirme la solidité de Nézet-Séguin comme interprète de Bruckner, un compositeur qui continuera sans nul doute à accompagner le développement de sa personnalité artistique.

 

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