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Maurizio Pollini transcende les derniers opus de Frédéric Chopin

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Frédéric Chopin (1810-1849) : Barcarolle en fa dièse majeur op.60 ; 3 Mazurkas op. 59 ; Polonaise-Fantaisie en la bémol majeur op. 61 ; 2 Nocturnes op. 62 ; 3 MAzurkas op. 63 ; 3 Valses op. 64 ; Mazurka en fa majeur op. posth 68 n°4. Maurizio Pollini, piano. 1 CD Deutsche Grammophon. Livret quadrilingue anglais-allemand-français-italien. Durée : 54’37.

 

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Chopin PolliniDoucement mais sûrement, complète ses enregistrements d’un compositeur qu’il a toujours mis au cœur de son répertoire, mêlant une intelligence de discours à une véritable émotivité pour livrer des interprétations de parmi les plus belles du répertoire. Après un album comprenant les opus pour piano 33 à 38 sorti en 2008, puis celui des Nocturnes en 2012 (sans les deux posthumes non numérotées), il revient cette année avec un programme « Late Works » comprenant les pièces des opus 59 à 64, plus le 68 postume n°4.

Dès les premières secondes de la Barcarolle en fa dièse majeur, tout transcende l’auditeur avide d’un Chopin sans fard ni graisse, retranscrit ici dans la pureté et la simplicité de son écriture, avec une absence de surcharge n’empêchant pas les sentiments de nostalgie (la main droite à 1’20’’), ni une véritable aisance dans le discours. Les trois Mazurkas op. 59 ensuite sont jouées avec une même souplesse, sans non plus chercher la carte de l’agilité pour autre chose que porter le propos principal.

La Polonaise-Fantaisie op. 61 recherche et développe les mêmes sensations, avec un premier thème profondément touchant dans le caractère tendre appliqué par le doigté de Pollini. Comparée à sa célèbre et géniale version de 1974, déjà pour DG, celle-ci montre plus de douceur encore et moins de ruptures pour un rendu moins détaillé mais plus naturel, à l’égal des deux Nocturnes op. 62 qui suivent, dont la première est une pure merveille de douceur et d’évidence dans l’utilisation très mesurée des pédales.

Au risque de se répéter, l’intégralité de cet album est du même niveau et convaincra même les plus rétifs à , tant ces pièces sont jouées avec finesse et esprit, à l’image encore de la troisième Mazurka op. 63, ou des Valses op. 64, joueuses et légère en plus de montrer que le pianiste n’a rien perdu de sa dextérité, à un très court passage près dans la n°2.

D’une superbe retenue, la dernière pièce, la Mazurka en fa mineur op. post 68 n°4 clôt avec autant de majesté un album incontournable pour tout amateur du compositeur ou du pianiste.

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