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Un Karłowicz captivant par Bartek Nizioł

À emporter, CD, Musique symphonique

Mieczysław Karłowicz (1876-1909) : Concerto pour violon en la majeur, op. 8 ; Conte triste, op. 13 ; Rhapsodie lituanienne, op. 11. Bartek Nizioł, violon ; Orchestre symphonique de la Philharmonie de Szczecin ; Łukasz Borowicz, direction. 1 CD Dux. Enregistré en juin et août 2016 à Szczecin. Livret en polonais et anglais. Durée : 55’59.

 

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Une nouvelle référence signée  pour un chef-d’œuvre post-romantique à redécouvrir.

Il semble que les violonistes polonais soient les seuls à savoir dépeindre le climat nostalgique du Concerto pour violon en la majeur de . Et bien que l’ait à son répertoire depuis l’âge de dix ans, c’est seulement la première fois qu’il décide de l’immortaliser au disque. Le résultat ne laisse aucun doute : une nouvelle référence (agréablement embellie par une excellente prise de son effectuée par Hein Laabs) nous parvient ici, et ce, dans une luxueuse édition.

Au travers des trois mouvements, une ambiance sombre, voire cataclysmique, se maintient. Cette partition envoûtante donne l’impression de participer à un voyage romanesque dans les Tatras (où a péri, dans une avalanche, à l’âge de trente-deux ans) plutôt qu’à l’exécution d’un concerto. On notera que, pour le soliste, celle-ci se distingue d’autres enregistrements par l’élégance et l’ampleur des phrasés, la force dramatique et la mise en valeur de la beauté du contour mélodique (le violon de Nizioł n’arrête pas de « chanter »). Le finale, particulièrement émouvant par son esprit « mélancolique », séduit par la fraîcheur des timbres, la précision rythmique et la perfection technique (une grande sûreté de trait et de vibrato). L’archet tant lyrique que virtuose de Bartek Nizioł émerveille par la rondeur, l’épaisseur et l’intensité des sonorités. On dirait même que le soliste fait résonner dans cette œuvre des teintes et des nuances introuvables ailleurs.

En complément de programme, deux poèmes symphoniques nous sont offerts. Karłowicz fut un génie du post-romantisme (influencé avant tout par Richard Strauss, mais aussi par Richard Wagner) ; toutefois, ses compositions présentent un certain nombre de difficultés pour l’interprète. Pour que cette musique puisse couler librement, il faut un chef avec un sens parfait des proportions architecturales et de la couleur, qui soit en mesure de fusionner les différents épisodes de l’œuvre dans un ensemble homogène, ainsi que de faire ressortir la transparence de la pâte orchestrale et les points culminants. possède toutes les qualités requises, néanmoins, pour cette prestation, il manque aux membres de l’orchestre un brin de maîtrise technique. Malgré cette réserve, ce disque est hautement recommandable, ne serait-ce que pour l’admirable exécution du Concerto pour violon.

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