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Le Quatuor Voce devant les micros pour Bartók et Janáček

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Maison de la radio. Studio 106. 11-III-2017. Béla Bartók (1881-1945) : Quatuor n°1 en la mineur op.7. Leoš Janáček (1854-1928) : Quatuor à cordes n°2 « Lettres Intimes ». Quatuor Voce

Quatuor Voce 2015Alors qu’ils sortent un album pour Alpha avec Bartók & Janáček, le en profite pour jouer à Paris le même programme en concert au Cabaret Sauvage le 28 février, et devant les micros de Radio France le samedi 11 mars pour l’émission Les Plaisirs du Quatuor.

Le a treize ans et s’il n’a pas encore un son identifiable immédiatement comme certaines formations plus anciennes, il possède toutefois déjà une maîtrise montrant le travail et la compétence de chacun, les musiciens s’observant très peu pendant la représentation, même lorsqu’ils reprennent leurs instruments après une longue pause. Si la personnalité manque encore parfois, la sonorité contient en revanche toute l’identité d’une formation française, avec un jeu très legato, souvent léger et toujours transparent, surtout chez les deux violonistes.

Le Premier Quatuor de Bartók est donc approché de façon fluide, intéressant dans les deux premiers mouvements grâce à un jeu d’archet souple, même si d’une technique trop appliquée à l’alto de Guillaume Becker, alors qu’à l’inverse se démarquent les timbres chaleureux du violoncelle de Lidya Shelley. Lors du Finale, ces mêmes sonorités pèchent par manque de rusticité et là où la partition du jeune compositeur passe de traditionnelle à individuelle, l’ensemble ne parvient pas totalement à jouer avec les mélodies populaires et un style plus moderne, convenant cette fois surtout au son de l’alto, bien qu’encore parfois trop serré ; le violoncelle hésitant dès la fin du second mouvement à trop jouer avec les pizzicati pourtant bien appuyés sur la partition.

Mieux adapté à la formation, le Quatuor n° 2 de trouve tout de suite plus de sensibilité dans le doigté des Voce, qui rappelleront ensuite au micro de Stéphane Goldet avoir cette pièce au cœur de leur répertoire. L’Andante développe de belles couleurs et là encore une légèreté bien française, douce pour apporter de la sensibilité à ses pages écrites par un vieil amoureux septuagénaire à l’aube de la mort. Mais de la même façon qu’on ne fait pas l’amour avec la même passion à 16h qu’à la tombée de la nuit, le Quatuor Voce semble un peu froid et pas tout à fait aussi libéré en cet après-midi ensoleillé, notamment par rapport à leur enregistrement récent au CD. On retiendra alors surtout l’Allegro final, vraiment convainquant dans la technique de grincement très marquante de toutes les cordes et avant tout du violon de Cécile Roubin, parvenant en même temps à rester legato en donnant ce qu’il manquait encore auparavant à ce concert : un véritable tempérament !

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