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Un hommage partiel à Rostropovitch par DG

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Musique symphonique

« Slava ! », l’art de Rostropovitch. Antonin Dvořák (1841-1904) : Concerto pour violoncelle et orchestre ; Piotr Ilyitch Tchaikovsky (1840-1893) : Variations sur un thème rococo pour violoncelle et orchestre ; Andante cantabile transcrit du premier quatuor op. 11 ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Concerto pour violoncelle et orchestre n°1 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Sonate pour violoncelle et piano, Introduction et polonaise brillante pour violoncelle et piano ; Robert Schumann (1810-1856) : Adagio et allegro pour violoncelle et piano ; Serge Rachmaninov (1873-1943) : Vocalise ; Alexandre Borodine (1833-1887) : Chœur et danses polovtsiennes du « prince Igor ». Serge Prokofiev (1891-1953) : Adagio de « Cendrillon » ; David Popper (1843-1913) : Danse des elfes ; Nicolo Paganini (1782-1840) : Moto perpetuo. Orchestre philharmonique de Berlin, Herbert von Karajan ; Boston symphony orchestra, Seiji Ozawa ; Orchestre symphonique de la radio de l’Union, Grigory Stolyarov ; Martha Argerich, Rudolf Serkin, Alexandre Dedyukhine, Naum Walter, Vladimir Yampolsky : piano. 3 CD Deutsche Grammophon. Enregistrements réalisés à Berlin, Boston, Munich, Varsovie de 1956 à 1978. Notice trilingue (français, anglais et allemand). Durée : 188′.

 

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Résumer l’art d’un géant de la musique comme Rostropovitch est évidemment une gageure. De fait ce petit coffret de trois disques, au programme forcément contestable, s’avère plus frustrant qu’enthousiasmant.

Ce triple CD donne une image assez partielle du génie du violoncelliste russe. Le premier disque regroupe, couplage célèbre, le Concerto de Dvořák et les Variations de Tchaïkovski avec Karajan. Vision opulente, où la puissance des berlinois symphonise presque à l’excès le Concerto de Dvořák. C’est magnifique certes mais n’atteint pas l’émotion inimitable de l’enregistrement réalisé avec Talich et les Tchèques en 1952. Les Variations sont, elles, magistrales techniquement et d’un raffinement extrême.

Le deuxième CD s’ouvre par le Concerto de Saint-Saëns, brillantissime malgré un orchestre un peu fruste. Il continue avec deux sonates de toute beauté, celle de Chopin avec la grande et la Première de Brahms avec  ; pour chacune, le style du clavier s’adapte autant à l’écriture du compositeur qu’à la sonorité du violoncelliste. Du grand art…

Reste un troisième CD bien composite (et bien court), apparemment destiné à montrer la virtuosité et le lyrisme du maître. On oubliera les gravures soviétiques de pièces de genre (Popper passe encore mais Paganini, Borodine, Prokofiev transcrits n’apportent rien à la gloire de  « Slava »), voire l’arrangement sirupeux de l’Andante du premier quatuor de Tchaïkovski, pour retenir le rare « chant du ménestrel » de Glazounov et le diptyque Chopin-Schumann avec à nouveau (les deux pièces complétaient la sonate de Chopin sur le LP initial). Pour qui veut découvrir l’art de Rostropovitch, pourquoi pas, mais le recueil est surtout frustrant et n’éclaire que très partiellement la personnalité du musicien ; rien en particulier ne vient rappeler son engagement en faveur de la musique de son époque.

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