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Monographie Maury Buchala par l’ensemble Court-Circuit

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Maury Buchala (né en 1967) : Eindrücke pour violoncelle ; Tre espressioni pour trio à cordes ; Partita pour trio à cordes, flûte et piano ; Concerto pour violon et ensemble. Francesco D’Orazio : violon ; Ensemble Court-Circuit, direction : Jean Deroyer. 1 CD SeloSesc SS 0074/16. Enregistré à Paris (Studio Sequenza) le 12/04/2015. Notice bilingue portugais/anglais. Durée : 47′.

 

Les Clefs Resmusica

buchalaCompositeur brésilien vivant à Paris, se forme à l’Université de São Paulo avant de venir se perfectionner en France avec des personnalités comme Emmanuel Nuñes, Roger Tessier ou encore Peter Eötvös. Sa recherche en direction des nouvelles textures lui fait préférer le travail sur les cordes ; c’est ce dont témoignent les quatre œuvres relativement récentes de ce premier CD monographique, où les musiciens de l’ sont réunis sous la direction de leur chef .

Eindrücke (« Impressions ») pour violoncelle, qui débute l’album, est une musique de gestes qui saisit d’emblée par son articulation extrêmement virtuose, ainsi que par la variété des modes de jeu, qui forgent une matière sonore en constante métamorphose. L’archet souverain d’ en cisèle les contours avec une dextérité et une élégance qui forcent l’admiration. Le trio à cordes Tre espressioni (2010) met à l’œuvre une technique chère au compositeur : le passage entre sons réels et virtuels (les résultantes harmoniques des sons obtenues par différentes techniques de jeu). Sonorités acérées et expressivité tendue gouvernent une œuvre que les trois interprètes, , et , gorgent d’une belle vitalité.

On retrouve ces caractéristiques dans Partita (2008) pour trio à cordes, flûte et piano, qui ouvre même un plus large champ de résonance. Les cordes étoffées par la flûte et le piano ( et ) explorent les différents registres du spectre sonore et autant de textures différentes, de la saturation incandescente du son aux matières fragiles et scintillantes des registres aigus. L’œuvre se nourrit de contrastes, entre tensions soudaines et plages plus contemplatives. Le même cheminement, du son pur à sa distorsion, anime l’écriture du Concerto (2015) où le soliste – le violon impérieux de Francesco D’Orazio – se fraye une trajectoire particulièrement virtuose au sein d’un orchestre au geste puissant, telles ces fanfares de cuivres de l’introduction qui signalent par la suite les grandes articulations de l’œuvre. On retrouve, dans la superbe cadence du soliste concédée in fine, l’écriture cursive et inventive d’un compositeur explorant toutes les potentialités de l’archet et ses ressources expressives, avant l’ultime relance d’un ensemble particulièrement réactif sous la conduite de .

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