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À découvrir, les lieder romantiques de Joachim Raff

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Joseph Joachim Raff (1822-1882) : Sanges Frühling ; Maria Stuart. Noëmi Nadelmann, soprano ; Barbara Kozelj, mezzo-soprano ; Thomas Oliemans, baryton ; Jan Schultsz, piano. 2 CD Divox. Enregistrés en décembre 2011. Notice de présentation trilingue (allemand, anglais et français) ; textes des lieder disponibles en ligne. Durée : 50’10 et 64’50.

 

RaffL’auditeur curieux se félicitera de cette originale parution d’un bouquet de mélodies de , dans le style de Mendelssohn et de Liszt.

Le nom de Joseph n’est peut-être pas familier de beaucoup d’auditeurs contemporains. Il ne s’agit pas moins d’un des compositeurs les plus productifs et les plus joués de son époque, notamment pour sa musique symphonique particulièrement appréciée dans l’Allemagne des années 1870. Auteur de douze symphonies, de six opéras, de multiples oratorios, cantates et autres pièces chorales, Raff fut également célébré pour sa musique de chambre, à commencer par la fameuse cavatine op.85 n°3 pour violon et piano, un des grands tubes de son époque maintes fois réécrit, arrangé et mis au goût du jour. Même si les lieder avec piano ne constituent pas le domaine dans lequel Raff était le plus prolifique, on aurait tort de ne pas s’intéresser à ces pièces. À contre-courant des innovations brahmsiennes et wagnériennes (ce qu’il justifia dans ses nombreux traités théoriques), Raff se rapproche surtout du style et de l’esthétique d’un Mendelssohn, dont il partage l’infinie délicatesse et un sens mélodique dont il ne se départit jamais. L’influence de Liszt, dont il fut l’assistant à Weimar, se fait également sentir. C’est en tout cas ce que montre sa mise en musique de « Lorelei ». On écoutera avec autant d’intérêt les poèmes de Marie Stuart, généralement plus connus dans la version que l’on doit à Robert Schumann.

L’interprétation vocale est très nettement dominée par le baryton , au timbre rond et chaud, à la musicalité sans faille et au style parfaitement adapté à ces pièces. Chez les dames, la mezzo slovène possède une jolie voix mais son chant reste par trop scolaire. Plus expérimentée, la soprano accuse quant à elle un vibrato qui nuit considérablement à la beauté de la ligne. Dans ces pages faciles et agréables, le pianiste propose le plus joli des tapis sonores, contribuant grandement à la réussite de ce CD qui, s’il ne nous fait pas découvrir des compositions de génie, a néanmoins l’avantage de rendre justice à un musicien étonnamment oublié.

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