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Sibelius, Canat de Chizy et Nielsen pour un concert en demi-teinte

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Auditorium de Radio France. 23-III-2017. Jean Sibelius (1865-1957) : La Fille de Pohjola, fantaisie symphonique op. 49 ; Édith Canat de Chizy (née en 1950) : Missing, concerto pour violon et orchestre ; Carl Nielsen (1865-1931) : Symphonie n° 2 op. 16 « Les quatre tempéraments ». Fanny Clamagirand, violon ; Orchestre national de France, direction : John Storgårds.

John StorgardsEn dépit d’un programme a priori intéressant – deux œuvres nordiques et une création française -, le public probablement désappointé par trop d’inconnu ne s’est pas précipité à l’Auditorium de Radio France ce jeudi 23 mars.

Sous la baguette énergique et quelque peu rude du chef finlandais John Storgårds, la Symphonie n° 2 dite « Les Quatre tempéraments » de (1902) a déserté son orbite brahmsienne pour une lecture résolument modernisante. Malheureusement, le travail préparatoire s’est avéré insuffisant ou infructueux. Chacun des quatre mouvements censés illustrer un caractère humain révèle une partie seulement de ses authentiques richesses. Le plus réussi est sans conteste l’Andante malincolico avec ses élans lyriques respectés, tandis que l’Allegro colerico initial, conduit à grande vitesse, ne manque pas de panache.  L’Adagio sanguineo conclusif est raté tant la confusion des rythmes et des lignes mélodiques perturbe les effets recherchés par le compositeur danois.

L’atmosphère si originale des œuvres de Sibelius, inspiré par l’épopée nationale finlandaise, le Kalevala, manque de profondeur, de morosité et de densité dans cette Fille de Pohjola (1906).

Missing, un concerto pour violon et orchestre d’Édith Canat de Chizy, commande de Radio France, brillamment défendu par et les instrumentistes sollicités, propose une partition diamétralement opposée, volontairement peu narrative, attentive au travail circonstancié sur les timbres et les rythmes courts. Nous sommes loin du romantisme nordique et l’absence d’émotion et de récit (non intrinsèquement obligatoires) surtout à notre époque, génère une impression de nudité en l’absence de programme aisément perceptible. Missing semble mieux convenir à John Storgårds, ailleurs grand interprète de Sibelius et Nielsen mais également magnifique passeur de l’œuvre du moderniste danois contemporain Per Nørgård.

Apprécier hautement ou non ces partitions n’ôte en rien le contentement de la découverte et appelle d’autres confrontations plus affinées. En attendant… ce fut une promesse fortement déceptive.

Crédit photographique : John Storgårds © Marco Borggreve

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