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Concertos et arrangements de Chostakovitch par Boris Giltburg et Vasily Petrenko

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Musique symphonique

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour piano et trompette n°1 en ut mineur op. 35. Concerto pour piano n2 en fa majeur op. 102. Valse tirée du Quatuors à cordes n°2 op. 68 ; Quatuor à cordes n°8 op. 110 (arr. piano : B. Giltburg). Boris Giltburg, piano ; Rhys Owens, trompette. Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, direction : Vasily Petrenko. 1 CD Naxos. Enregistré au Philharmonic Hall de Liverpool en janvier 2016 (concertos) et au Concert Hall de Wyastone Leys, Monmouth, UK en juin 2016 (Quatuors). Livret en anglais (écrit par B. Giltburg). Durée : 69’47.

 

Chostakovitch GiltburgProlongeant l’intégrale des symphonies de Chostakovitch parue chez Naxos, Vasily Petrenko s’attaque aux concertos avec un album plutôt centré sur le pianiste , grand passionné du compositeur russe et déjà connu chez Naxos pour des enregistrements de Rachmaninov et Beethoven. En plus des deux concertos pour piano, il ajoute les transcriptions par lui-même pour son instrument soliste de la valse du Quatuor à cordes n°2 op. 68 ainsi que l’intégralité du Quatuor n°8 op.110.

Il est intéressant de constater au fil des enregistrements et concerts comme le siècle actuel s’est assagi, et l’on parle de plus en plus souvent dans nos articles de douceur et de légèreté, quand un son plein paraît tout de suite « lourd » à certains. Nouvelle preuve après de nombreux exemples dans les parutions de ce début d’année, l’album Chostakovitch de surprend tant par la finesse du doigté que par celle de l’accompagnement d’un qu’on a pourtant connu nettement plus dynamique dans certaines symphonies pour le même label, même si l’on remarquait déjà sa propension à ne pas sur-jouer le dramatisme dans ses propositions des Treizième et Quatorzième.

L’Allegro Moderato du Concerto pour piano et trompette n°1 op. 35, débute alors dans une atmosphère particulière, non tendue mais plutôt légère, trop même par rapport à cette œuvre composée quelques temps après Lady Macbeth. La dernière phrase de trompette à la coda du mouvement entraîne vers un très beau Lento, réflexif et réellement magnifique à partir de 6’40’’. Le Moderato d’à peine deux minutes présente un toucher joueur chez Giltburg et un style plus soutenu qu’auparavant, même s’il refuse toujours la pression, tandis que l’Allegro Con Brio final retrouve l’ambiance de départ et n’ose aucune vulgarité, au risque de ne pas vouloir jouer avec l’ironie de la partition, même pour Rhys Owens à la trompette, là ou Kissin au piano dirigé par Spivakov (RCA) apportait sans peur toute sa jeune ferveur.

Court interlude, la valse du Quatuor n°2 trouve presque une couleur française dans cette transcription, à la façon d’une pièce de Debussy dans le caractère dansant et syncopé. Puis retour aux concertos avec cette fois le Deuxième concerto, op. 102 composé en 1957 et dédié à son fils Maxime. Là encore on ne pourra reprocher l’excès de tension au risque de parfois en manquer, mais maintenant et dès l’Allegro l’atmosphère est particulièrement attirante, intéressante, pour conduire à l’un des plus beaux Andante de l’histoire de cette œuvre au disque, déjà superbe à l’introduction avec le , puis passant au sublime à l’entrée du piano après une minute et demie.

La transcription intégrale du Quatuor n°8 avait déjà convaincu l’an passé en concert à la Salle Gaveau et réitère au CD l’impression de très grande qualité du travail de Boris Giltburg ; si le Largo initial ne passionne pas encore, dès l’Allegro Molto cette partition écrite en deux jours par Chostakovitch à Görisch près de Dresde semble autant l’avoir été pour le piano que pour formation à cordes. La dextérité du soliste ressort tout particulièrement dans l’Allegretto et se développe dans les deux derniers mouvements, sans jamais trop de tension, mais avec tout de même une superbe ambiance assombrie, notamment dans les coups introductifs du deuxième Largo, peut-être juste transcrit un peu trop aigu pour donner l’effet habituellement procuré par tous les instruments du quatuor à cordes sauf le premier violon. La dernière phrase du dernier Largo s’achève sur un pianissimo surprenant, au goût d’inachevé inquiétant.

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