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Regards multiples pour le dictionnaire de musique de Rousseau

À emporter, Essais et documents, Livre, Musicologie

Regards sur le Dictionnaire de musique de Rousseau, des Lumières au romantisme. Sous la direction d’Emmanuel Reibel. Vrin MusicologieS. 29 p. 28 euros. Octobre 2016.

 

CouvertureLes colloques donnent souvent lieu à des publications. C’est le cas pour Regards sur le Dictionnaire de Musique de Rousseau qui découle du colloque international organisé à l’occasion du tricentenaire de Rousseau en mars 2012 par le Centre de littérature et poétique comparée de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense et par l’École Normale Supérieure, colloque intitulé Le Dictionnaire de musique de Rousseau et sa réception européenne.

En ce siècle qui marque le début de l’âge d’or des dictionnaires, le public manifestait une appétence très vive pour ce type d’ouvrages qui connut alors une expansion remarquable. Ce Dictionnaire de musique de , dont nous avions commenté la dernière réédition, n’est en réalité qu’une extraction des articles sur la musique de la plus grande entreprise éditoriale de l’époque, L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers par une société de gens de Lettres, dont le responsable éditorial était Rousseau.

Ce succès, attesté par les multiples éditions « pirates » et contrefaçons, témoigne de ce qu’incarnèrent les Lumières : l’appétit du savoir, l’audace de penser, le goût d’inventer et la nécessité de douter. Ce n’est clairement pas un savoir paisible que propose le philosophe-musicien dans cet écrit, concept admirablement posé par Raphaëlle Legrand dans le premier article de cet ouvrage collectif, intitulé Rousseau ramiste : le système de Rameau dans le Dictionnaire de musique. C’est surtout une riche source d’informations et de réflexion pour des chercheurs en littérature, en philosophie et en musicologie. Mais à l’inverse de ce qu’affirme Makoto Masuda dans le préambule de son article Philosophie et théorie musicale dans le Dictionnaire de musique, (« Le Dictionnaire de musique est une œuvre peu lue et mal connue sans doute, même parmi les spécialistes de Rousseau. »), ce n’est pas tant le sujet de cette publication universitaire qui est original mais le traitement qui en est fait.

Une fois passée la première partie « Au cœur du Dictionnaire de Rousseau » composée de sujets assez classiques sur la voix, l’opéra ou les instruments de musique, et dynamisée par les articles de Jean-Damien Mazaré (La répétition, un symptôme du Dictionnaire de musique ?), Jeanne Roudet (L’esprit de fantaisie et ses enjeux dans le Dictionnaire de musique) et celui de Raphaëlle Legrand déjà cité, nous voyageons dans la période romantique pour comprendre l’impact de ce texte dans l’histoire de la musique.

Nous retrouvons donc le Dictionnaire de Musique de dans les Mémoires d’ avec , dans le Dictionnaire de musique moderne du musicographe François-Henri Joseph Blaze dit avec Olivier Bara, dans les écrits d’ avec la conservatrice en chef au département de la musique de la BnF Cécile Reynaud, ou encore dans le travail de avec Béatrice Didier. Ce sont même quelques clins d’œil au Royaume-Uni (La fortune britannique du Dictionnaire au XVIIIe siècle par Maria Semi) et à l’Allemagne (Sillages germaniques du Dictionnaire : la lexicographie musicale en Allemagne autour de 1800 par Rainer Schmusch) qui seront apportés en fin de lecture.

Ce travail assume pleinement la place qui lui est destinée : ouvrir à d’autres regards, à d’autres perspectives que les chercheurs d’aujourd’hui et de demain pourront largement exploiter.

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