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L’Orchestre de Paris en formation Quatuor pour Schönberg et Zemlinsky

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Musée Gustave Moreau. 25-IV-2017. Arnold Schönberg (1874-1951) : Quatuor à cordes en ré majeur. Alexander von Zemlinsky (1871-1942) : Quatuor à cordes n°1 en la majeur op. 4. Musiciens de l’Orchestre de Paris : Nathalie Lamoureux, violon ; Christophe Mourguiart, violon ; Florian Voisin, alto ; Marie Leclercq, violoncelle.

MUSEE GUSTAVE MOREAU, PARIS 9, FRANCEComme tous les grands ensembles symphoniques, l’ propose à l’occasion à ses musiciens de jouer en formation réduite afin de porter des ouvrages de chambre rarement interprétés, soit parce que l’effectif demandé n’est pas habituel, à l’image de certains sextuors ou octuors, soit parce que certaines pièces du répertoire sont tout simplement délaissées, à l’image des deux quatuors postromantiques interprétés au Musée Gustave Moreau ce mardi.

Parmi les nombreux tableaux symbolistes du peintre français, quatre musiciens habillés de noir s’assoient pour porter les effluves romantiques du Quatuor en ré majeur de Schönberg, pièce non numérotée car non retenue ensuite par le compositeur, qui écrira encore quatre autres partitions pour cette formation, dont le n° 2 de 1907, première pièce véritablement dodécaphonique pour laquelle Mahler en lisant la partition aurait lui-même douté de ses compositions face à ce qu’allait devenir l’avenir de la musique.

Les musiciens de l’ montrent d’abord dans l’œuvre de jeunesse de 1897 une faiblesse dans la capacité à jouer parfaitement ensemble, fait remarquable de toutes les formations de chambres composées occasionnellement, à cela près que lorsque de grands solistes se regroupent, ils ont l’avantage d’un phrasé très personnel, ce que possède ici seulement la violoncelliste Manon Gillardot, et dans une moindre mesure l’altiste . L’Intermezzo débute quelque peu grinçant avec le premier violon de , puis trouve plus de lyrisme et de chaleur, surtout grâce aux cordes graves. À mesure que l’œuvre avance et que l’on passe à l’Andante con moto puis à l’Allegro final, les musiciens s’assemblent de plus en plus et dynamisent particulièrement bien la coda.

Le temps de quelques applaudissements, puis les artistes se rassoient pour jouer cette fois Zemlinsky, ce compositeur, exactement comme Schönberg, ayant lui aussi écrit cinq quatuors pour n’en finalement numéroter que quatre, et laisser libre celui de jeunesse. Cette fois, la formation parisienne n’a pas retenu le premier d’étude, mais le n° 1 en la majeur opus 4, écrit en 1896 et créé la même année, soit un an avant celui de Schönberg présenté ce soir. La maturité de l’écriture s’y ressent pourtant déjà et prouve encore une fois le génie de cet artiste trop peu joué, auquel rendent grâce les musiciens de l’Orchestre de Paris, pour le coup plus concentrés et mieux portés par le changement de premier violon, qui tenait le second rôle précédemment ayant interverti sa place pour conduire en maître la partition dans son lyrisme et son atmosphère hasardeuse, totalement adéquate avec les toiles de Moreau.

Photos : Musée Gustave Moreau © Sylvain Sonnet

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