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Haitink, Radio bavaroise, Bruckner : retrouvailles au sommet

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Munich. Philharmonie. 5-V-2017. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : concerto pour piano et orchestre n° 2 op. 19 ; Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° 6. Paul Lewis, piano ; Orchestre symphonique de la Radio bavaroise ; direction : Bernard Haitink.

Haitink BRSO 2017Un trop falot pour Beethoven, mais l’étape annuelle de à Munich avec l’  porte ses fruits chez Bruckner.

La première partie ne suscite pourtant qu’un enthousiasme limité. Malgré sa longue fréquentation de , en reste à une lecture scolaire du Concerto n° 2 : là où on aurait aimé entendre un peu plus d’esprit ludique, chaque note est clairement détachée, presque ânonnée, avec un sérieux de marbre qui ne s’anime un peu qu’à la fin du dernier mouvement, et le mezzo-forte perpétuel n’arrange pas les choses. Il y a, heureusement, suffisamment à entendre dans l’orchestre pour faire passer cette plate demi-heure, que ce soit par la qualité des solistes de l’orchestre ou par la science rigoureuse de , qui assure la variété et la structuration du discours, faute de soliste pour le faire. On attend Bruckner.

Et , avec Bernard Haitink, est là et bien là. Il y aurait injustice à limiter Haitink, en ce glorieux automne de sa carrière, à ses interprétations de Mahler et Bruckner, mais il est difficile de ne pas s’en faire une fête à chaque fois que de telles rencontres ont lieu. Cette fois, c’est la Symphonie n°6 qui est au programme : les conceptions esthétiques de Haitink sont là, et sa maîtrise technique de l’orchestre reste inégalable. Ce n’est peut-être, en effet, que de la technique (mais est-ce si sûr ?), mais le galbe précis et irrésistible des crescendos suffirait au bonheur du mélomane. La chaleur et l’intensité du pianissimo, la délicatesse et la transparence du forte, la tension continue des silences : Haitink a entre ses mains des armes inégalables pour défendre les audaces formelles d’un compositeur aussi singulier que Bruckner. Pas de grands effets, pas de Weltschmerz nietzschéen, pas d’épanchements : si la coda du premier mouvement est si enivrante, c’est bien parce que la rigueur du chef donne à l’écriture brucknérienne toute sa puissance.

Photo : © Astrid Ackermann

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