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Les pêcheurs de perles de Bizet au TCE : perles de culture françaises

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Théâtre des Champs Elysées. 12-V-2017. Georges Bizet (1838-1875) : Les Pêcheurs de perles, opéra en trois actes. Version de concert. Avec : Julie Fuchs, Leïla; Cyrille Dubois, Nadir; Florian Sempey, Zurga; Luc Bertin-Hugault, Nourabad. Choeur: Les Cris de Paris, direction: Geoffroy Jourdain. Orchestre National de Lille, direction: Alexandre Bloch.

pecheurs de perles TCE ponteLes Pêcheurs de perles, créé en 1863 est un opéra dont les remaniements dans sa composition musicale et dans son livret (version de 1893) n’ont pas permis d’en améliorer suffisamment l’impact dramatique pour qu’il puisse connaître une célébrité semblable à celle de Carmen, oeuvre que l’on évoque spontanément concernant le compositeur brillant qu’était . Toutefois, défendu comme il l’était lors de ce concert au Théâtre des Champs-Élysées, on ne peut que désirer que l’œuvre soit plus souvent jouée (à Bordeaux également ce mois-ci).

Avec une équipe très française, le premier succès de cette soirée était la diction souveraine de chacun des protagonistes qui permettait sans aucune aide de suivre l’action de façon très rapprochée. a une voix parfaite pour le rôle, une belle capacité à mixer les sons dans le haut du registre et une sûreté rassurante et confortable dans la tessiture élevée du rôle de Nadir, qui permettent de très agréables nuances, dans la Romance évidemment mais également dans le duo avec Zurga. Celui-ci était incarné par , qui est un baryton rare dans le paysage lyrique. Il est actuellement à un point de jonction entre une maturité scénique hiératique et une vigueur dans l’émission attribuée tout autant à sa jeunesse qu’à son intelligence à préserver un instrument solide. Bien qu’on puisse parfois lui reprocher d’être monolithique, on peut néanmoins bien percevoir l’évolution du personnage, entre sa place de chef et l’homme blessé par un amour non réciproque qui sacrifie son bonheur pour celui de Zurga et de Leïla.

Cette dernière, , brille particulièrement dans la colorature, dans un rôle très caractérisé dans son époque et qui pourrait vite paraître désuet, tant les anciennes tenancières du rôle ont gravé dans les mémoires une émission du son très plate, avec un vibrato serré et une projection très brillante. possède un matériau vocal plus indolent, voire lascif qui s’échauffe au fur et à mesure de la soirée et qui est vraisemblablement plus passionné dans les échanges amoureux que dans les processions liturgiques. Elle est donc une réplique parfaite à .

La direction était très attentive dans les aspects les plus lyriques de la partition ; peut être un peu plus de mordant et d’incisivité dans les scènes de liesse et d’excitation populaires (notamment dans le premier acte) auraient pu apporter une captation totale de l’auditoire, qui a été toutefois transporté par une oeuvre délicieuse, au livret peut être un peu surchargé mais à la beauté musicale ineffable.

Crédit photographique : et © Ugo Ponte/ ONL

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