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Les débuts brucknériens encore trop timides de Jukka-Pekka Saraste

À emporter, CD, Musique symphonique

Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°8 en ut mineur (version de 1890, édition Robert Haas). Orchestre symphonique de la WDR de Cologne, direction : Jukka-Pekka Saraste. 1 CD Profil PH 16061. Enregistrement réalisé à Cologne en novembre 2010. Notice bilingue : anglais et allemand. Durée : 74’38’’

 

Bruckner-Saraste-Photo

Novice en matière brucknérienne, le chef finlandais , grand défenseur de la musique de son pays, ne parvient pas à imposer une vision suffisamment personnelle de la Huitième symphonie du compositeur autrichien. En dépit du bénéfice que lui procure un orchestre familier de cette musique depuis , il ne parvient pas à se hisser au niveau de son illustre prédécesseur et se contente d’une lecture assez banale de la plus belle symphonie de Bruckner.

Le chef finlandais , plus connu comme défenseur de Sibelius et Nielsen que de Bruckner, avoue dans le texte de présentation son émotion en dirigeant la Huitième symphonie avec l’orchestre que le grand a marqué de son empreinte (son intégrale des neuf symphonies est restée un pilier de la discographie). Mais lors de ce concert de 2010, il ne parvient pas à mettre ses pas dans ceux de son illustre prédécesseur. Dans cette lecture plutôt dramatique que recueillie, il n’atteint ni à la violente puissance des mouvements extrêmes, ni aux sommets d’émotion et d’intensité que l’immense Adagio recèle, malgré le choix, lui aussi hérité de Wand, de l’édition Haas. Sa conception reste à la surface des notes, sans jamais faire naître l’étincelle qui embrase l’orchestre et les auditeurs.

Un tel disque, que précède une discographie particulièrement abondante, pose une question récurrente : tout bon concert doit-il être immortalisé, et rester disponible alors même qu’il n’a rien d’exceptionnel ? Les références laissées par Jochum à Hambourg, Wand à de multiples reprises (Hambourg et Munich surtout) et surtout l’inoubliable Celibidache à Munich dominent, et de très haut, cette nouvelle parution assez pâle. L’éditeur a révélé au public assez de concerts essentiels (comme ceux de la série consacrée à la Staatskapelle de Dresde) pour qu’on ne lui tienne pas rigueur du caractère plus banal de ce nouveau disque. Reste à espérer que Jukka-Pekka Saraste saura approfondir sa compréhension du monde brucknérien, et revenir ultérieurement au maître autrichien, de façon plus convaincante que lors de ce concert donné il y a déjà sept ans.

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