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Invitation aux rencontres dans La Figure du baiser de Nathalie Pernette

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris, Cour d’honneur du Palais Royal. 12-V-2017. Compagnie Pernette : La Figure du baiser. Chorégraphie : Nathalie Pernette assistée de Regina Meier. Création musicale : Franck Gervais. Création tatouages : Daniel Pernette. Costumes : Fabienne Desflèches. Direction technique : Frédéric Germain. Interprétation : Lucien Brabec, Joss Costalat, Léa Darrault, Aimée Lagrange, Félix Maurin et Laure Wernly. Création.

RepetFiguredubaiserRichardCamplan2Dans le cadre de la 3e édition de « Monuments en mouvement », , chorégraphe de formation classique associée depuis le lancement du programme, présente la performance La Figure du baiser qui propose une nouvelle relation à l’espace et invite le public à des rencontres éphémères dans la cour d’honneur du Palais Royal. La liberté de mouvement et le jeu nouveau entre artistes et public s’inscrivent parfaitement dans la lignée de ce que souhaitait pour les « Deux Plateaux », à savoir que chacun investisse de façon libre et divertissante ce lieu patrimonial.

Une voix résonne dans la cour minérale du Palais Royal. Si elle invite d’abord le public à la déambulation comme la pratiquent quotidiennement les badauds visitant cet endroit, elle met bientôt en branle un nouveau rapport au Domaine. Tantôt le public dessine en s’asseyant un espace scénique au milieu duquel évoluent les danseurs, tantôt il dissout tout espace par la marche ou la course dans toutes les directions, avant d’en reformer un nouveau, sans cesse mouvant. À l’alternance des séquences dansées et participatives correspond donc l’élasticité de l’espace et du public.

Une autre alternance structure la pièce, celle du jeu entre mouvement et immobilité. À travers des duos ou des trios, les six danseurs mettent en scène des rencontres et des étreintes amoureuses, esquissant ainsi une grammaire du baiser. Le rythme de la danse est dynamique. Mais certaines interactions se font au ralenti, comme pour traduire la suspension du temps à un moment si particulier, et les corps se figent en des poses inspirées de la statuaire subtilement érotique. La délicatesse des bras enveloppants, la rondeur des enlacements rappellent les corps entrecroisés de Psyché ranimée par le baiser de l’Amour de Canova exposé non loin de là, au Louvre. Le public est d’ailleurs parfois invité à évoluer autour des corps immobiles comme autour d’un groupe statuaire avant de se prêter lui-même au jeu de la rencontre en s’arrêtant : « regardez votre voisin, souriez-vous, touchez-vous, enlacez-vous, quittez-vous ». Ce sont alors des regards étonnés, des sourires amusés, des contacts physiques qui s’échangent de façon émouvante.

Les danseurs sont mêlés à la foule et participent à ces échanges, quand ils n’élisent pas une personne du public pour l’entraîner au milieu des colonnes dans une petite chorégraphie du contact et de la séparation.

La Figure du baiser instaure donc une nouvelle relation amusante et séduisante entre artistes, espace et public en proposant une communion autour de l’hommage à la rencontre. Mais surtout, du mouvement et du contact auxquels la compagnie invite, naît l’émotion.

Crédits photographiques : © R.Camplan

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