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Tout est clair avec Christian Lindberg dans la 14e d’Allan Pettersson

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Allan Pettersson (1911-1980): Symphonie n°14. Orchestre symphonique de Norrköping, Christian Lindberg, direction. 1 SACD BIS-2230. Durée CD: 52’38. Sången om Livet (The Song of Life, 1987, en suédois sous-titré en anglais), documentaire 1973-1980 de Peter Berggren, 1 DVD, durée DVD: 118 minutes.

 

pettersson14_lindberg_sonCette nouvelle livraison de la série des symphonies d’ par impressionne encore une fois par la fidélité fanatique à la partition et l’attention obsessionnelle aux détails.

Lentement mais sûrement, et l’extraordinairement dévoué (SON) se rapprochent de l’achèvement par le label Bis de l’un des grands cycles symphoniques du XXe siècle, celui d’. Bien que la musique de Pettersson soit incontestablement exigeante pour les artistes et les auditeurs, elle est également profondément satisfaisante et purifiante (et peut-être même éclairante) pour quiconque est prêt à en faire l’effort.

Cet enregistrement réunit Lindberg et le SON dans la Symphonie n° 14, écrite deux ans avant la mort du compositeur. Bien qu’elle soit indéniablement plus accessible que la Symphonie n° 13, cette Quatorzième contient une bonne dose de défis à relever.

Lindberg fait face à une forte concurrence dans ce répertoire, à savoir avec le grand interprète de Pettersson qu’est . D’emblée, la conception de Comissiona est viscérale et passionnante, avec l’ rayonnant à la fois par l’éclat et la confiance technique.

Cependant, à l’instar des enregistrements précédents de cette série, ce qui distingue Lindberg est la fidélité fanatique du chef à la partition et l’attention obsessionnelle aux détails. Pour commencer, Lindberg respecte rigoureusement les tempi : Lindberg met 52 minutes (comme indiqué dans la partition), tandis que Comissiona est nettement plus rapide à 47 minutes.

L’introduction de l’ouvrage donne un exemple très clair de la magie que Lindberg fait sourdre de cette musique. Pettersson ne perd pas une seconde avant de projeter l’orchestre (et l’auditeur) dans une tempête tourbillonnante d’activité contrapuntique. Lindberg en livre une interprétation excitante en elle-même, mais avec lui tout est mis en évidence dans la plus grande clarté : par exemple, écoutez l’échange de sextuplets entre les violons et les altos, les cuivres équilibrés et déclamatoires, et la précision de la tonalité des glissandi des timbales. Comissiona est tout aussi enthousiasmant, mais par rapport à Lindberg de nombreux détails sont perdus dans ces fourrés contrapuntique. Entendre cette ouverture foisonnante rendue avec une telle clarté est une expérience profondément éclairante, alors qu’a priori elle aurait pu être submergeante.

D’autres exemples de la fidélité mûrie de Lindberg à la partition incluent le vrai stringendo avant la première entrée de la Mélodie aux pieds nus (piste 2, 2:42), l’accent sur la longue mélodie dans les premiers violons (accompagné avec un focus égal sur les seconds violons et les altos) qui inaugure la seconde moitié de la symphonie (piste 5, 0:05), et le très long accord final (indiqué « lunga ») de cette conclusion subtilement déstabilisante (piste 9, 3:26).

Comme mentionné précédemment, Comissiona offre une concurrence sérieuse dans cette musique. Comissiona réussit à communiquer un degré supplémentaire d’excitation viscérale dans la seconde moitié de l’ouvrage (écouter les percussions proéminentes, les cors sauvages et délirants par exemple), mais après Lindberg, Comissiona paraît manquer trop de détails pour obtenir cet emportement. Alors que nous ne pourrions nous passer de cet enregistrement de Comissiona, Lindberg et le SON ont de nouveau établi la référence dans cette musique.

En plus d’effectuer et d’enregistrer avec diligence la musique de Pettersson, Lindberg a également fait ré-émerger et réédité les documentaires sur Pettersson des archives de la télévision suédoise. Le documentaire intitulé Sången om Livet (The Song of Life, en suédois sous-titré en anglais), réalisé après la mort du compositeur est un portrait de Pettersson, non seulement par lui-même, mais aussi par les témoignages recueillis entre 1973 et 1980 auprès de sa famille, ses collègues et ses proches.

Traduit de l’article original en anglais par Jean-Christophe Le Toquin

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  • Michel LONCIN

    TRES REGRETTABLE (et démontrant l’absence TOTALE de la France dans la découverte – ou la redécouverte de Pettersson … lors que ce dernier a effectué ses principales études à Paris en 1939 – alto – et 1949 – composition avec Leibowitz et Honneger – ! ), le fait que tous ces documentaires sur le plus GRAND symphoniste suédois et un des plus GRANDS du XXème siècle, ne bénéficient pas d’un titrage en français !!!

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