Musique de plein-air et créatures ailées dans La symphonie des oiseaux

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La symphonie des oiseaux : Oeuvres de Dvorak, Schumann, Saint-Saens, Granados, Mozart, Grieg, Messiaen…. Shani Diluka, piano; Geneviève Laurenceau, violon; Jean Boucault et Johnny Rasse, les Chanteurs d’Oiseaux. CD Mirare, MIR 327; code barre, 3760127223276; enregistré à l’École Municipale de Musique de Carquefou en octobre 2016; textes français, anglais, allemand. 67′.

 

717QfzOFiSL._SL1200_Atypique et seul au monde, le quatuor de la Symphonie des oiseaux réunit une violoniste, une pianiste et deux Chanteurs d’oiseaux. Chose tout à fait étonnante, Jean Boucault et Johnny Rasse, ornithologues et musiciens, n’utilisent aucun appeau pour faire chanter leurs « créatures ailées ». Elles viennent enchanter, avec autant de subtilité que de discrétion, une quinzaine de tubes – originaux pour certains ou arrangés pour le duo et – auxquels nos deux siffleurs confèrent une touche de « plein-air ».

Aux chanteurs d’oiseaux de trouver, ou pas, l’espace de dialogue avec les instruments, dans une liste d’œuvres qui suscitent bien évidemment leur présence. L’oiseau Papagenus s’invite tout naturellement dans l’air célèbre de La Flûte enchantée joué ici au piano. Amusante est la joute sonore qui s’engage entre la mésange, le rossignol, le coucou et les deux instruments dans la Danse des petits cygnes de Tchaïkovski. Plus risquée mais bien assumée, la présence d’espèces plus rares dans la Berceuse de l’Oiseau de Feu de Stravinsky crée une animation inédite au sein de l’écriture. L’intervention de l’oiseau est parfois plus discrète et d’autant plus judicieuse; tel ce rossignol philomèle ponctuant la pièce de Granados, merveilleuse dans l’interprétation sensible et lumineuse de . Si certaines pages pianistiques de Liszt (La Prédication aux oiseaux), de Grieg (Petit oiseau) ou de Rameau (La Poule) restent purement instrumentales, les deux siffleurs virtuoses chantent « a cappella » dans Serins en canon, le duo des Merles noirs ou encore Au poulailler, dont la scène anecdotique ne manque pas de saveur. L’alouette des champs est en vedette dans les plages suspensives de The Lark Ascending de , la pièce la plus développée de l’album dont la dimension narrative et expressive favorise une ligne mélodique un rien complaisante. Rien de tel dans Waldesruhe (Le Calme de la forêt) d’Anton Dvořák où l’archet souverain et l’ampleur sonore du violon de enchante la première plage de cet enregistrement. Reste la question de savoir s’il fallait vraiment faire chanter l’oiseau dans la sublime Louange à l’immortalité de Jésus – extraite du Quatuor pour la fin du temps d’ – fort bien conduite par nos deux interprètes idéalement complices.

 

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