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Alain Platel fait la réouverture de la MC93

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Danse. 23/V/17. MC93, Bobigny. Alain Platel/Les ballets C de la B : Nicht Schlafen. Mise en scène : Alain Platel. Composition et direction musicale : Steven Prengels, arrangements de Gustav Mahler. Dramaturgie : Hildegard De Vuyst. Dramaturgie musicale : Jan Vandenhouwe. Assistance artistique : Quan Bui Ngoc. Scénographie : Berlinde De Bruyckere. Création lumière : Carlo Bourguignon. Création son : Bartold Uyttersprot. Création costumes : Dorine Demuynck. Création et interprétation : Bérengère Bodin, Boule Mpanya, Dario Rigaglia, David Le Borgne, Elie Tass, Ido Batash, Romain Guion, Russel Tsiebua, Samir M’Kirech.

Après trois ans de travaux de désamiantage et de mise aux normes, la MC93 de Bobigny rouvre ses portes avec Nicht Schlafen, un nouveau spectacle d’ pour les . Entre primitivité et sophistication, une apocalypse joyeuse portée par des danseurs exceptionnels.

Au milieu de la scène s’empilent trois cadavres de chevaux. Le décor est signé , compatriote avec laquelle partage le goût pour la souffrance et la mort. Mais c’est surtout dans l’approche des corps que les deux artistes se complètent. Aux cadavres figés des chevaux répondent les torses frémissants des danseurs, leur animalité physique et leur présence intense.

Pour ce nouveau spectacle, le premier depuis En avant, marche ! en 2015, Alain Platel a renoué avec l’écriture chorégraphique la plus brute et la plus incandescente. Il s’appuie pour cela sur un groupe de danseurs exceptionnels, de toutes origines, capables à la fois de danser et de chanter. Sept hommes et une femme qui alternent entre douceur et sauvagerie, empathie et lutte.

Il n’y a pas de récit dans ce spectacle où les personnages sont comme abandonnés à eux-mêmes. Vagabonds, migrants, tribu vivant en autarcie, on ne sait comment interpréter cette primitivité qui passe entre les corps à vif. Musclés, puissants, les danseurs assument leur part de féminité et d’exhibitionnisme tout au long du spectacle, jusqu’à un final surprenant, d’un lyrisme échevelé.
Sans aucune pudeur, mais avec sensualité et sophistication, ils se lancent alors dans une « apocalypse joyeuse » qui fait référence à la période de créativité débordante qui prévalût en Autriche-Hongrie avant la guerre de 14. Alain Platel s’est en effet inspiré pour le processus de création du livre de l’historien Philipp Blom, « Les années vertigineuses : Europe, 1900-1914 » qui retrace les années précédant la première guerre mondiale.

Puissamment lyrique, l’inspiration musicale de , dont a arrangé des parties de plusieurs symphonies, irrigue tout le spectacle, parfois ponctué de respirations d’animaux. Le compositeur et arrangeur donne aussi la part belle aux chants congolais ou pygmée de Boule Mpanya et Russell Tshiebua, repérés dans Coup fatal, l’un des précédents spectacles du chorégraphe belge.

Photos : © Chris Van der Burght

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