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Victor Julien-Laferrière remporte le premier CMIREB dédié au violoncelle : compte-rendu

Concours, La Scène

Bruxelles. Flagey-Bozar. V-VI 2017. Demi finalistes : Oeuvres de Johann Sebastian Bach, Luigi Bocherini, Joseph Haydn, Benjamin Britten, Niccolo Paganini, Franz Schubert, Francis Poulenc, Alberto Ginastera, David Popper, Johannes Brahms, Claude Debussy, Pablo de Sarasate, Max Bruch, Igor Stravinski, Krzysztof Penderecki, César Franck, Vladimir Kobekin, Gabriel Fauré, Henri Dutilleux, Ludwig von Beethoven, Richard Strauss, Annelies Van Parys (née en 1975) : Chacun(e) sa chaconne.
Orchestre Royal de Chambre de Wallonie. Chef : Franck Braley.
Finalistes : Robert Schumann (1810-1856) : Concerto en la mineur op. 129 , Antonín Dvořák (1841-1904) : Concerto n. 2 en si mineur op. 104, Dmitry Shostakovich (1906-1975) : Concerto n. 1 en mi bémol majeur op. 107, Toshio Hosokawa (né en 1955 ) : Sublimation.
Brussels Philharmonic. Chef : Stéphane Denève.

Victor Julien-Laferrière le jeune vainqueur du premier CMIREB violoncelleLe « Reine Eli » à présent QEIMC est une institution en Belgique et son prestige s’étend bien au-delà du petit pays. Les épreuves étant radio et télé-diffusées, le Concours est suivi de façon très large.

L’édition 2017 vient de s’achever : une édition historique. Depuis sa création, le Concours se tient chaque année. Il fait alterner une épreuve consacrée au chant, une autre au violon puis au piano. La quatrième année du cycle étant l’année du Concours de composition, vacante de toute épreuve vocale ou instrumentiste. Plus récemment les sessions se sont organisées brièvement en un cycle de 3 ans. L’arrivée du violoncelle est venue bouleverser ces habitudes.

Le premier CMIREB violoncelle fut une réussite éclatante, tant par la réponse du public qui a rapidement afflué, saturant la billetterie, que par les qualités techniques, la diversité de jeu et les personnalités attachantes des candidats. On songe à l’embarras du jury à l’heure de noter les candidats (les prix sont distribués selon la somme des points obtenus sans délibération du jury). Cette édition s’est déroulée dans un très bel esprit. Ainsi, on aura surpris des candidats applaudissant les prestations de leurs concurrents.

Nul doute : ce Concours aura contribué à provoquer un engouement croissant pour cet instrument finalement moins connu en soliste. Extrait du quatuor ou du pupitre d’orchestre, libéré de son emploi de basse continue, il a pu faire valoir ses sonorités merveilleuses dans le répertoire depuis Bach, incontournable pour le violoncelle, aux partitions romantiques mais également dans de très belles pièces du XXe siècle : Poulenc, Dutilleux, Britten …

Il faut évoquer également les membres du jury de choix, regroupant des grands noms de la discipline (Gautier Capuçon, , , , …).

Le jury (c) Concours Musical International'Reine Elisabeth.

Le déroulé du Concours

Le jury a visionné 202 vidéos et sélectionné les 70 candidats qui ont eu accès à la première épreuve. 68 candidats ont finalement présenté un programme qui comprenait entre autres œuvres le 1er mouvement de la Sonate pour violoncelle seul du belge Eugène Ysaÿe, bel hommage à celui qui inspira le Concours.

Les demi-finalistes CMIREB 2017Les 28 demi-finalistes désignés à la fin de cette épreuve ont présenté un concerto et un récital. Le concerto devait être choisi parmi les œuvres proposées : le Concerto en si bémol majeur G.482 de Luigi Boccherini, le Concerto n° 1 en ut majeur ou le Concerto n° 2 en ré majeur de Joseph Haydn. Les solistes étaient accompagnés – choyés ? – par le chaleureux dirigé par le chef-pianiste Franck Braley.

Le récital (le candidat en proposait deux au jury qui n’en conservait qu’un) comprenait une œuvre imposée Chacun(e) sa chaconne de la Belge , trois mouvements au moins de l’une des suites de Johann Sebastian Bach ainsi qu’une ou deux pièces choisies par le candidat.

La finale

Au terme de ces demi-finales passionnantes, 12 musiciens ont accédé à la finale et ont débuté leur préparation dans le huis clos bucolique de La Chapelle Reine Elisabeth.
Ils y ont travaillé en une petite semaine leur programme de finale, à savoir s’approprier un concerto au choix ainsi que le fameux imposé, objet de tant de débats chaque année qu’il diviserait presque les familles. Cette année, c’est qui est l’auteur de l’œuvre concertante Sublimation. Cette partition, en création mondiale le 29 mai par Sihao He évoque un dialogue parfois orageux, aux phrases courtes et contrastées, entre la nature et l’orchestre. Elle contient en sa section médiane un passage en pizzicati parfois un peu abrupte qui peut se révéler ingrat.
Les candidats furent entourés pour le concerto et l’imposé par le , dirigé de façon millimétrée par .

Les douze finalistesOn le voit, les candidats qui arrivent à ce point de la compétition se sont donc livrés à tous les exercices : duo avec un violoncelliste accompagnateur, duo avec un pianiste (certains ont eu la chance de travailler avec un partenaire de jeu), solo dans les suites de Bach mais également au sein de certains concerti, sonates et concerto avec orchestre de chambre et finalement avec un orchestre symphonique. Il y aurait tant à dire de chaque soirée, beaucoup des candidats ayant déjà une vraie aisance de soliste.

On évoquera le faible nombre de lauréates féminines mais également la prévalence relative des candidats français. Au nombre de 4 en finale, leur camaraderie les a fait surnommer « les 4 mousquetaires », ils témoignent de la vigueur de la tradition française de violoncelle, brillant, élégant et sensible. Le terme d’école française étant peut-être moins adéquat, comme le souligne , pour restituer la variété des approches artistiques et techniques présentées par ces candidats.

Le palmarès

Le jury on l’a dit n’a pas eu la tâche la plus aisée qui soit. Le palmarès a été annoncé vers minuit par son président :

(France, 26 ans) obtient le Grand Prix International Reine Elisabeth, Prix de la Reine Mathilde. Le musicien de 26 ans s’était hissé dans les favoris dès le début des épreuves, avec son travail chaleureux, structuré et très naturel. Il a eu l’amabilité de nous consacrer une interview, que nous retranscrivons dans un article à paraître très bientôt.

Yuya Okamoto (Japon, 22 ans) obtient le Deuxième Prix du Gouvernement fédéral belge, offert par la Politique scientifique fédérale, Prix Eugène Ysaÿe.

(Colombie, 22 ans) obtient le Troisième prix, Prix Comte de Launoit.

 (France, 22 ans) se voit décerner le Quatrième Prix, Prix des Gouvernements Communautaires de Belgique, (cette année le prix est offert par le Gouvernement de la Communauté germanophone). Il nous a ravi avec ses recherches sonores et l’expressivité de son jeu.

(Biélorussie, 25 ans) obtient le Cinquième Prix, Prix de la Région de Bruxelles-Capitale. Il aura enthousiasmé le public par sa présence scénique et son engagement dans le jeu. Il obtient d’ailleurs le Prix du public Musiq3.

, (USA, 22 ans) à qui est revenu le redoutable honneur de créer l’imposé Sublimation obtient le Sixième Prix, Prix de la Ville de Bruxelles

Les six autres candidats, par ordre alphabétique : Simao He, Seungmin Kang, Maciej Kulakowski, JeongHyoun Christine Lee, et (réel pincement pour ce musicien émouvant qui est, à l’applaudimètre, classé bien plus haut dans le cœur du public de Bozar). Le Concours est un vrai tremplin pour le Grand Prix comme pour les autres finalistes, nous ne manquerons pas de suivre les développements de leur carrière déjà fournie.

Crédits photographiques : Victor Julien-Laferrière, Grand Prix du premier CMIREB violoncelle © Concours Musical International Reine Elisabeth ; Le jury © Concours Musical International Reine Elisabeth ; Les demi-finalistes du CMIREB violoncelle © Concours Musical International Reine Elisabeth ; Les 12 finalistes © Concours Musical International Reine Elisabeth

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