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La deuxième édition du Festival de musique nordique à Stockholm

Aller + loin, Orchestres, salles et festivals

La présentation des programmes officiels des premiers festivals de musique nordique constitue une belle occasion d’écrire, à grands traits, une série de pages s’inscrivant dans la grande histoire de la musique scandinave puis nordique trop peu connue du reste de l’Europe.

 

1280px-Stockholm_photochrom2Le  second festival de musique nordique tenu à  Stockholm en 1897, neuf années après le premier à Copenhague, était placé sous la présidence du Prince de la couronne suédoise, Gustav. Pour cette première manifestation suédoise, six concerts se déroulèrent du 6 au 11 juin 1897.

La mise en place de ce festival s’organisa de manière concomitante aux festivités liées à l’Exposition nordique des Arts et de l’Industrie. Dans ce seul but, on décida la construction d’une vaste salle de concert à Fredrikshov, dessinée par l’architecte suédois Ferdinand Boberg (1860-1946), également chargé de la conception d’autres bâtiments de l’exposition. Sa charpente en bois et ses diverses structures étaient conçues pour être détruites après les manifestations. Le bâtiment pouvait accueillir un auditoire de 3500 personnes et une scène capable d’asseoir 700 chanteurs et un orchestre de 150 instrumentistes. La grande salle de concerts construite pour l’occasion  rendait une très bonne acoustique. Les concerts moins importants (au plan des effectifs requis)  se déroulèrent dans la salle de l’Académie royale de musique. Les auditeurs eurent ainsi la chance de pouvoir comparer les similitudes et les différences entre les musiques entendues et peut être de se rendre compte que l’uniformité de façade accordée aux nations scandinaves relevait davantage du mythe que de la réalité.

Pour cette grande manifestation organisée par Stockholm, l’orchestre comprenait 120 instrumentistes en provenance de la Chapelle royale. Le chœur avec ses 650 participants était formé de nombreux chœurs,  preuve de la très riche activité chorale suédoise.

Le but suprême du festival était annoncé dès le moment de sa conception : participer au plus noble des arts, la musique. Les décideurs trouvèrent un équilibre relatif entre le temps accordé aux délégations de chaque pays : 160 minutes pour le pays organisateur et 100 minutes pour chacune des deux nations invitées : le Danemark et la Norvège. Un des facteurs de la réussite de l’entreprise résida probablement aussi dans la répartition entre les musiques nouvelles et les musiques traditionnelles.

Les programmateurs choisirent de faire exécuter la musique de 38 compositeurs. On honora la mémoire de mort depuis sept ans et l’on annonça quelques  jeunes compositeurs pas encore totalement confirmés. Ce sont ces derniers qui aidèrent le festival à franchir une étape décisive vers plus de modernité.

6 juin 1897, la programmation du premier grand concert

Le texte du prologue de ce premier concert revenait au poète, dramaturge et librettiste suédois Franz Hedberg (1828-1908). Il fut récité par l’acteur et metteur en scène suédois Nils Edvard Personne (1850-1928), également directeur de l’Ecole dramatique du Théâtre royal (1890-1898).

, décédé en 1890, ne tomba pas dans un oubli redouté, du moins en Scandinavie, comme le prouve l’exécution de sa Symphonie n° 6 en sol mineur ce soir-là. Composée en 1856-1857, la symphonie véhicule la douleur du compositeur après la mort en couches de sa  femme et de son fils Felix. L’œuvre représente parfaitement son romantisme délicat et scandinave, c’est dire qu’elle partage également de nombreux traits communs avec la musique de son mentor et ami, Felix Mendelssohn.

fut représenté par une ouverture de concert pour Haermaendene paa Helgeland (Les Soldats d’Helgoland), son opus 25.  Elle affiche ses dons réels d’orchestrateur  dont la réputation en Allemagne lui apportait davantage de satisfactions qu’au Danemark, où la gloire de son père faisait depuis ses débuts obstacle à sa propre notoriété.

Avec les musiques de Ludvig Norman (1831-1885) et August Söderman  (1832-1876) composées respectivement en  1882 et 1875, nous retrouvons dans cette programmation, deux créateurs suédois déjà retenus lors du premier festival de 1888. Du premier, qui dirigea la première représentation de la Symphonie n° 4 de le 9 avril 1878, l’Ouverture de fête sur des motifs suédois, la troisième et dernière de ses ouvertures pour orchestre…  tandis que du second, Katolsk messa (Missa solemnis ou Messe catholique) pour 4 voix, chœur mixte et orchestre en sept sections fut composée en 1875, créée en 1877 et éditée en 1881. Ces deux maîtres s’inscrivent avec talent dans la lignée traditionnelle classico-romantique caractéristique de l’école de Leipzig. En plus, Söderman fut influencé par Wagner.

Gunnar_Wennerberg-fotoEcrivain et politicien, chanteur, pianiste et compositeur suédois amateur autodidacte, élève de l’université d’Uppsala, parlementaire, Gunnar Wennerberg  (1817-1901), se fit remarquer avec ses musiques vocales, notamment celles pour voix d’hommes. L’Arioso, partie de l’oratorio sur la vie de Jésus, datait de 1862. Sa musique n’est plus programmée de nos jours.

Ole Olsen et Joseph Dente. Le premier, Norvégien (1850-1927), élève des Lindeman et du Conservatoire de Leipzig (1870-1874), devint enseignant et chef d’orchestre à la Société de Musique (1877-1880). Il laissa entre autres des opéras, de la musique de scène, une symphonie et des poèmes symphoniques dont celui entendu ce jour-là, Aasgårdsreien (La Chasse sauvage) datant de 1878. Le second, Suédois (1838-1905), violoniste, compositeur et chef d’orchestre à l’Opéra royal (1872-1885), élève de à Stockholm, commença comme violoniste de l’Orchestre royal en 1853 avant de devenir chef de l’Association de la musique de Stockholm (avec Conrad Nordqvist) entre 1885 et 1891. Il enseigna le contrepoint, la composition et l’orchestration au Conservatoire de Stockholm de 1882 à 1903. Son œuvre la plus connue était la Symphonie en ré mineur (1887).

Le plus célèbre des artistes inscrits à ce concert, interprété partout sur la scène internationale, , âgé de 53 ans, qui devait survivre une dizaine d’années au deuxième festival, apparut avec une partition basée sur un texte d’un des plus fameux littérateurs norvégiens, Bjørnstjerne Bjørnson (1832-1910), intitulée Bergliot, op. 42, un mélodrame pour déclamation et orchestre, composée en 1871 et orchestrée quatre ans plus tard. La création s’était déroulée  dix ans avant à Leipzig en 1887.

7 juin 1897, une manifestation de musique de chambre entièrement centrée sur la musique danoise

En 1897, , trentenaire, avait gagné une place de première importance dans la vie musicale danoise et pour beaucoup représentait l’avenir de la musique du petit royaume. Le festival proposa son Quatuor à cordes en fa mineur, son opus 5, belle œuvre composée en 1890, dédiée au violoniste Anton Svendsen qui jouait au sein du Quatuor Neruda invité à se produire dans ce festival et dont il était le leader. A Berlin, le célèbre Joseph Joachim avait apporté son cordial soutien au jeune Nielsen. Lors de sa création, certains observateurs avaient eu le sentiment que l’on était en présence d’un futur grand maître.

L’aura de son maître Niels Gade, mort depuis sept ans,  n’était plus ce qu’elle était mais il ne fut pas oublié, apparaissant ici avec sa Deuxième Sonate pour violon en ré mineur de 1849, la plus populaire des trois, écrite après son départ forcé d’Allemagne et dédiée à son ami Robert Schumann. On ne sera guère étonné d’apprendre  qu’elle est écrite dans le style romantique du plus célèbre musicien de l’Age d’or danois.

Leopold Rosenfeld (1849-1909), professeur de chant et compositeur danois, avait bénéficié d’une bourse Ancker qui lui avait permis de se rendre à Paris, Berlin, Vienne, Naples et Rome en 1881. Cet élève de Niels Gade et de J.P.E. Hartmann au Conservatoire de Copenhague, oublié aujourd’hui, était surtout connu pour son enseignement du chant.

Du vieil Johan Peter Emilius Hartmann qui mourra trois ans plus tard, on donna ses deux chants populaires opus 86 sur des poèmes d’Ernst van der Recke intitulés successivement Religiøse sange (Chant religieux) et folkelige digte (Poème populaire) pour chœur mixte sans accompagnement composés en 1888.

D’autres musiques vocales étaient inscrites au programme de cette deuxième journée de concert. Ce fut l’occasion de faire revivre des madrigaux de deux compositeurs danois ayant vécu à l’époque du roi Christian IV de Danemark : Hans Brachrogge (c.a. 1590 – c.a. 1638), chanteur et compositeur danois, élève du fameux Borchgrewinck qui partit étudier auprès de Gabrieli à Venise, tout comme son compatriote et contemporain Mogens Pedersøn (c.a. 1580 – c.a. 1628) fort célèbre en son temps.

Thomas_LaubDe Thomas Laub (1852-1927), le grand réformateur du chant religieux danois qui travaillera un temps avec Nielsen, sans toujours partager les mêmes idées esthétiques, furent donnés deux chants populaires pour chœur d’hommes.  Christian Barnekow (1837-1913) qui écrivit beaucoup de musiques chorales sacrées et des lieder inscrits dans un style traditionnel ne fut pas oublié, de même  que Julius Bechgaard (1843-1917), passé par le Conservatoire de Leipzig, élève de Gade à Copenhague, dont le catalogue contient deux opéras et de nombreuses mélodies, ainsi que des pièces pour piano, ici inspiré par la poésie du Danois  Ernst van der Recke (1848-1933) mis en musique par plusieurs compositeurs scandinaves (Eyvind Alnaes, Emil Sjögren, Wilhelm Perterson-Berger, Agathe Backer-Grøndahl, J.P.E. Hartmann…).

Autre élève de Gade et du Conservatoire de Leipziz, Peter Heise (1830-1879), renommé pour ses lieder sur des poèmes danois (ainsi que pour son opéra Drot og marsk /Roi et Maréchal) apparaît avec deux romances.

Le concert prenait fin avec un Quintette avec piano, une œuvre instrumentale d’Otto Malling (1848-1915), organiste de grande réputation et musicien à la carrière conséquente mais en grande partie oublié, eut la chance de faire jouer son Quintette avec piano en mi mineur composé seulement une huitaine d’années auparavant (1889). Les participants se nommaient : Caecilia-foreningens  Madrigal-kor, direction Fredrik Rung ; Quatuor Neruda composé de Anton Svendsen, Holger Möller, Christian Petersen et Franz Neruda. Parmi les solistes  et dans l’ordre respectant celui du concert : Johanne Krarup-Hansen (chant), Fredrik Rung (piano), Elma Hornemann (chant), Viggo Bielefeldt (voix), Johanne Stockmarr (piano), Anton Svendsen (violon) et Agnes Adler (piano).

8 juin 1897, programmation du deuxième grand concert du festival

L’œuvre de Hartmann, La Prophétie de la sybille, avait déjà été interprétée en 1888 lors du premier festival à Copenhague. Le vieux maître vivait encore et sa popularité inentamée le maintenait au rang de véritable icône respectée et fêtée avec sincérité dans tout le royaume danois.

Hornemann (1840-1906), éduqué au Conservatoire de  Leipzig et grand ami de Grieg, connu pour son opéra Aladdin (1888) et sa musique de scène pour Gurre (1901), avait écrit Kalanus en 1890 avec l’accord du directeur du Théâtre Dagmarteatret. Mais le départ de ce dernier eut pour conséquence l’abandon de la programmation. De ce fait, Hornemann n’entendit jamais sa musique en dehors d’extraits en 1896. La première au Théâtre Dagmar se déroula en 1906 trois mois après  la mort du compositeur. En 1869, Gade avait composé une cantate éponyme pour solistes, chœur  et orchestre sur un texte de Carl Andersen.

Côté Norvège, le seul représentant inscrit se nommait Johan Selmer (1844-1910), décédé trois ans plus tôt, chef de la Société de musique de Christiania (1883-1886), très marqué par  Berlioz, Liszt et Wagner. La Captive, chanson pour alto et orchestre élaborée en 1872, fut créée à Oslo en 1886.

Le reste du programme revenait à quatre suédois très renommés.  La gloire de Franz Berwald commençait enfin à prendre l’ampleur qu’elle méritait, lui qui était mort en 1868. Sa Symphonie n° 1 dite Sinfonie sérieuse en sol mineur, de 1842, la seule exécutée de son vivant en 1843 sous la direction peu satisfaisante de son cousin Johan Fredrik Berwald, apparaissait enfin au grand jour.

L’œuvre de Ludvig Norman (1831-1885) s’intitulait Cantate pour l’inauguration du nouveau bâtiment de l’Académie royale de musique de Suède, op. 48, 1877.  Son cadet Andreas Hallén (1846-1925), créateur fortement marqué par l’esthétique wagnérienne figurait avec cette solide suite pour orchestre nommée Gustav Vasa Saga, dont on joua certains des cinq mouvements  qu’il venait d’achever peu de temps avant la tenue du festival. Enfin, on entendit Ivar Hallström (1826-1901) qui écrivit beaucoup pour la voix dans un style relativement éclectique n’ignorant pas certaines sources folkloriques, palpables dans cette œuvre pour baryton et orchestre.

L’œuvre de Hartmann, La Prophétie de la sybille, avait déjà été interprétée en 1888 lors du premier festival à Copenhague. Le vieux maître vivait encore et sa popularité inentamée le maintenait au rang de véritable icône respectée et fêtée avec sincérité dans tout le royaume danois.

L’Orchestre et le chœur du festival furent dirigés par Conrad Nordqvist, , Franz Neruda, Andreas Hallén, C.F.E. Horneman, Richard Henneberg et Johan Bartholdy. Les chanteurs se nommaient : Mathilda  Linden Carolina Östberg , Wilhelmina Strandberg, Arvid Ödmann, Max Strandberg, Salomon Smith, A. Sellergren, Johanne Krarup-Hansen et Elma Hornemann.

9 juin 1897, deuxième concert de musique de chambre

Pour le quatrième jour du festival, ce concert de musique de chambre était réservé exclusivement aux maîtres norvégiens. La programmation comprenait le Quatuor à cordes en sol mineur op. 27 d’Sovnen (B. Bjørnson) et  Ingrids vise (B. Bjørnson) d’Halfdan Kjerulf ; la Sonate pour violon et piano en ré majeur de Christian Sinding ; Hjernespind (Kr. Randers), Elsk (Arne Garborg) et Sporven (Arne Garborg) de Catharinus Elling ; la Suite pour violon et piano op. 3 d’Eyvind Alnæs ; Mainat (texte : Vilhelm Krag), Høst på heien (Vilhelm Krag), Liden Kirsten (Vilhelm Krag) et Viol (W. Bergsøe) d’Agathe Backer-Grøndahl ; et enfin le Quintette à cordes op. 5 de .

10 juin 1897, deux Danois, deux Norvégiens et trois Suédois à l’honneur

Pour ce troisième grand concert. les trois nations scandinaves étaient représentées avec des œuvres pour orchestre seul ou accompagné vocalement grâce à la participation du Quatuor Aulinska : Tor Aulin, Christian Sundqvist, Axel Bergström et Berndt Carlson, et des solistes suivants : Dagmar Möller (chant), Wilhelm Stenhammar (piano), Gustav Lange (violon), Martin Knudzen (piano), Anton Svendsen (violon), Helge Møller (violon), Christian Petersen (alto), K. Pedersen-Sandby (alto), Franz Neruda (violoncelle). L’orchestre et les chœurs du festival furent dirigés tour à tour par Richard Henneberg, P.E. Lange-Müller, Ivar Hedenblad, Johan Svendsen, Iver Holter et Fredrik Rung. Drapa (Ode), ouverture de concert d’Albert Rubenson (1828-1901), acteur du nationalisme musical, créée en 1866, est un chant de louanges de la vieille Islande qui débuta ce concert.

Quatre compositeurs apparurent avec des œuvres instrumentales tandis que de trois autres on interpréta des partitions vocales. Avec Edvard Grieg (âgé de 54 ans)  les programmateurs choisirent le très singulier et attachant Quatuor à cordes en sol mineur élaborée au cours des années 1877-78 et créé à Leipzig en 1879. Son grand ami Johan Svendsen (1840-1911) qui faisait alors la carrière que l’on sait à la tête de l’Orchestre du Théâtre royal de Copenhague depuis de nombreuses années fut représenté par son unique Quintette à cordes en do majeur op 1  de 1867. On avait retenu aussi deux compositeurs plus jeunes. D’abord le jeune norvégien Eyvind Alnæs (1872-1932) qui n’a pas encore 25 ans, pianiste, organiste et chef d’orchestre,  a l’honneur de faire jouer sa récente (1895) Suite pour violon et piano. En 1897, il bénéficia d’une bourse gouvernementale pour aller étudier à Berlin où il compléta sa Symphonie n° 1. Ensuite, Christian Sinding  (1856-1941),  grande figure norvégienne après l’ère Grieg, fera une large partie de son parcours en Allemagne et dans son sillage culturel. On donne d’après la liste des musiques retenues, une Sonate pour violon et piano en ré majeur. Il s’agit peut-être de la Suite pour violon et piano « dans le style ancien », op. 10, datée de 1889.

Stenhammar005 ny red mindre[Maxbredd 460]Wilhelm Stenhammar  (1871-1927)  était alors âgé de 26 ans et faisait partie des plus jeunes suédois inscrits aux programmes. Il avait participé aux réunions préparatoires des manifestations avec un réel enthousiasme. Les multiples difficultés rencontrées dans une telle organisation n’apparurent pas lors du déroulement du Festival. Stenhammar s’était déjà forgé une superbe réputation de pianiste virtuose et avait joué en soliste son Concerto pour piano et orchestre n° 1 (1893) donné en création à Stockholm en mars 1894. L’œuvre fut interprétée plusieurs fois.

Jacob Axel Josephson (1818-1880), produit du Conservatoire de Leipzig, a beaucoup écrit d’œuvres chorales et des chansons dont Islossningen (La débâcle des glaces) op. 9 inscrit dans ce programme (sur un texte du compositeur, composée en  1844 avec piano puis révisée en 1851 avec orchestration).

Svendsen eut  la chance de voir inscrit au programme  du cinquième jour du festival une de ses œuvres exceptionnelles qui retentit sur toute la Scandinavie et laissa des traces palpables sur de nombreux collègues. Il s’agit de sa Symphonie en ré majeur (n° 1) datant des années 1865-66 et qui vit le jour à Leipzig en 1868. L’autre compatriote de Svendsen retenu fut Iver Holter, un de ses élèves, avec cet op. 10, une musique de scène pour la pièce de Goethe dont il tire cette suite orchestrale.

En plus de trois œuvres vocales du romantique Lange-Müller (1850-1926) fut proposée son « Nocturne pour orchestre » tiré de Sommernat ved Sundet (Nuit d’été sur le Sund) composé en 1896, quelques mois avant le festival. Et, une fois encore l’ombre de Niels Gade plana sur la programmation puisqu’on joua la scène d’introduction du Rêve de Baldur, pour voix soliste, chœur et orchestre datant de 1858.

11 juin 1897, dernier soir du Festival

Ce troisième concert de musique de chambre proposa exclusivement des partitions de compositeur suédois. Tous ces compositeurs connaissaient alors une réputation allant de très modeste à modérée. Ils apparaissent ici avec des œuvres consacrées à la voix sauf deux. D’une part, Franz Berwald avec un Quatuor à cordes en mi bémol majeur (le n° 3) écrit en 1849 et d’autre part, Ludvig Norman, défenseur de la mémoire et de l’œuvre de celui-ci,  avec un Sextuor pour cordes et piano des années 1868-69. Ils marquent deux étapes incontournables du romantisme musical suédois.

Alors que les intervenants étaient le Filharmoniska Sällskapet i Göteborg (membres du philharmonique de Göteborg, direction Karl Valentin) et le Quatuor Aulinska, les solistes du soir étaient Lenn Lundberg (piano), Fridolf Book (violon), E. Sundqvist (violon), Carl Axel Bergström (alto), Anton Andersen (violoncelle), E. Stanék (contrebasse), Esther Sidner (chant), Arvid Ödman (chant), Dagmar Möller (chant), Carl Fredrik Lundqvist (chant), Oscar Lejdström (chant), Mathilda Taube (chant), Alfhild Larsson (piano).

La plupart des créateurs  inscrits représentaient  la jeune génération et la musique nouvelle. La distribution entre les différents types de musique suivait de près l’organisation retenue à Copenhague. Là aussi plusieurs des compositeurs joués se manifestèrent également en tant qu’interprètes. Des voix s’étaient aussi élevées en faveur de la participation de la Finlande. La situation politique du pays, sous la domination de la Russie, rendait l’idée irréalisable. Il n’en sera plus de même lors d’un futur  festival qui se déroulera à Helsinki en 1921, le pays ayant alors gagné son indépendance.

Images (domaine public) : Exposition nordique des Arts et de l’Industrie de Stockholm en 1897 – Gunnar Wennerberg – Thomas Laub – Wilhelm Stenhammar 

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