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Christophe Rousset se livre

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Christophe Rousset, l’impression que l’instrument chante. Entretiens avec Camille De Rijck. Paris, La rue musicale. Mars 2017. 186 p. 13,90 €.

 

L-impreion-que-l-instrument-chanteLa Rue musicale fait paraître un passionnant livre d’entretiens de par le journaliste .

S’il fallait résumer en un mot le claveciniste et chef d’orchestre après la lecture de cet ouvrage, celui de franchise est celui qui nous vient à l’esprit immédiatement. Qu’il s’agisse d’évoquer, plus que ce que l’introduction laisse penser, son parcours personnel, ou de livrer des considérations artistiques, s’embarrasse assez peu de précautions et de fausse pudeur. Ainsi sur ses intérêts musicaux : « J’exclus ce qui précède Josquin car je n’y comprends rien. Pour moi, c’est du serbo-croate, et je suis complètement perdu dans Guillaume de Machaut. » (p. 14). Ou sur son rapport aux aînés quand il était jeune claveciniste : « Je ne comprenais rien au rapport de Gustav Leonhardt à l’instrument, mais j’adorais sa manière de le faire parler et je voulais la comprendre. » (p. 41) Ou encore sur les moments difficiles après le Premier prix au concours de Bruges en 1983. Ses avis peuvent être très tranchés. Les oratorios anglais de Haendel ? « Une sorte de momie conservée dans de la marmelade à la naphtaline. » (p. 64) Les opéras de Vivaldi ? « [Pas un n’]arrive à la cheville de Haendel. » (p. 66) La Troisième symphonie de Beethoven ? « Une espèce d’organisme gonflé au collagène. » (p. 173) Certains compositeurs contemporains ? « Un jour, peut-être, on comprendra mieux les compositeurs qui vident les salles. » (p. 99) Un assez long passage sur la critique musicale est même à la limite de la polémique. Mais au-delà de la percussion de certaines phrases, on ne sent pas de volonté de choquer ou de simplement chercher le bon mot, car le propos est solidement argumenté, pesé, réfléchi, développé, et finalement convaincant.

Aiguillé par la pertinence des questions de , on a ainsi droit à des pages éclairantes sur sa conception de la mise en scène d’opéra, nourrie notamment par ses propres collaborations (comme Médée de Cherubini avec Krzysztof Warlikowski), sur la direction d’orchestre, sur le jeu au clavecin bien entendu, ou sur l’héritage laissé par les premiers défricheurs de la musique baroque, Harnoncourt et autres. Du côté des compositeurs, s’il est assez peu disert sur les deux grands clavecinistes dont il a brillamment signé une biographie, Couperin et Rameau, le chef des Talens Lyriques offre de beaux développements sur entre autres Bach et ses fils, Mozart, Beethoven, et, plus surprenant peut-être, Debussy. Mais celui qui est le plus à l’honneur est , en particulier pour ses opéras. L’actualité fournie concernant ce compositeur en cette année anniversaire ne pourra que faire un intéressant écho au lecteur de cet ouvrage, surtout s’il est amateur d’opéra.

Mais au-delà de ces points particuliers, il faut souligner le fait que tout le propos de Christophe Rousset est sous-tendu par une réflexion esthétique, qui se nourrit aussi de la fréquentation des beaux-arts et de la littérature, contribuant à donner l’image d’un personnage d’une intelligence et d’une sensibilité folles.

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  • Michel LONCIN

    Avec tout le respect que l’on doit à Christophe Rousset … qu’il compose UNE SEULE ligne témoignant d’um même GENIE avant que d’avoir le DROIT de parler « d’une espèce d’organisme gonflé au collagène » à du Beethoven dans sa 3ème Symphonie (et de toute l’œuvre … car on devine qu’il n’aime pas cette musique) !!! Idem pour les oratorios de Haendel (en tout cas, les plus grands) !!! Quant à son INCOMPREHENSION de la musique de l’Ars Antiqua et de l’Ars Nova … TANT MIEUX : ainsi, il ne « baroquisera » pas la MERVEILLEUSE sonorité médiévale que l’on « devine » … que l’on « sent » sitôt que l’on se trouve dans une cathédrale … tout particulièrement au crépuscule, quand les vitraux sont éclairés par les rayons du soleil couchant !!! Et un peu de respect dans ses expressions ne lui ferait pas de mal (le « serbo-croate » !) …

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