philharmonie de paris 0718

Premier livre de pièces de viole de Marais par l’Achéron

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Marin Marais (1656-1728) : Premier livre de pièces à une et à deux violes. François Joubert-Caillet, basse de viole ; l’Achéron. 4 CD Ricercar. Enregistré en septembre 2014 et mai 2015 à l’église Notre-Dame de Centeilles. Durée : 4:16:17

 

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François Joubert-Caillet et son ensemble ont commencé à enregistrer l’intégralité des pièces de viole de pour Ricercar. Ce premier album est le début d’une belle et prometteuse aventure, rendant hommage à la beauté de l’œuvre de l’un des plus talentueux illustrateurs de la suite baroque, genre musical d’origine et de tradition françaises.

, connu du grand public grâce au film Tous les matins du monde, est l’auteur de près de 600 pièces pour viole réparties en cinq livres dont le premier, paru le 20 août 1686 et dédié à « Monsieur de Lully », est un recueil de 93 pièces qui se répartissent en 72 pour une viole groupées en sept suites, 17 pour deux violes groupées en deux suites, ainsi que 4 indépendantes pour une ou deux violes. C’est avec la publication de cette collection que Marais s’est affirmé aussi bien comme un compositeur inspiré et un virtuose sachant dépasser les difficultés techniques de l’instrument, qu’un pédagogue éclairé quant aux secrets de son métier.

Les œuvres à une viole de Marin Marais sont ici interprétées par François Joubert-Caillet en soliste, qui se voit accompagné par un petit ensemble de musiciens réalisant la basse continue : Miguel Henry (théorbe), Vincent Flückiger (guitare et archiluth) et Philippe Grisvard (clavecin). En ce qui concerne les deux suites à deux violes, c’est Andreas Linos – jouant également sur une basse de viole – qui se joint à François Joubert-Caillet.

Les prestations de qualité fournies par François Joubert-Caillet, Andreas Linos et sont bien dans l’esprit de la musique baroque française : elles fascinent autant par la beauté pleine de puissance et de majesté dans les danses vives, que par la tendresse des morceaux envahis par la mélancolie et la douceur des tempos. Joubert-Caillet met avant tout en lumière le goût qu’avait Marais pour l’art lyrique ; c’est ainsi que derrière ces miniatures (Sarabande, Gigue, Menuet, Chaconne) se cachent des moments qui nous renvoient au monde de l’opéra, et les interprètes veillent à ce que la musique soit chantée et chatoyante de couleurs. C’est grâce à leur vision suggestive que nous pouvons avoir l’impression d’assister à un magnifique spectacle de danse et de chant, où des drames plus ou moins significatifs perturbent çà et là le déroulement de l’action. C’est également le cas des compositions à deux violes, pour lesquelles de très beaux dialogues entre les joueurs de viole de gambe nous sont offerts sous forme d’une conversation intime et galante, mais aussi pleine de bon goût et d’une rhétorique travaillée, et qui varie en fonction du caractère de chacune des pièces ; de sorte que, parfois, leurs archets se mettent à se disputer, afin de chanter « d’une seule voix » et dans une harmonie parfaite, voire céleste, quelques instants plus tard.

Les quatre disques sont accompagnés d’un livret trilingue (français, anglais et allemand) de 68 pages. L’album est indispensable à toute discothèque qui se respecte.

 

 

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