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Le Ballet de Lorraine invite aux Plaisirs de la Découverte

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Nancy. Opéra de Lorraine. 30-VI-2017. Record of ancient things (création). Chorégraphie : Petter Jacobsson et Thomas Caley. Musique : Peter Rehberg. Lumières : Eric Wurtz. Costumes Petter Jacobsson et Thomas Caley. Avec les danseurs du CCN Ballet de Lorraine. Murmuration (création). Chorégraphie : Rachid Ouramdane. Musique : Jean-Baptiste Julien. Lumières : Stéphane Graillot. Costumes : La Bourette. Assistante chorégraphique : Agalie Vandamme. Avec la complicité de Maud Blandel. Avec les danseurs du CCN Ballet de Lorraine.

Pour son dernier programme de la saison, le CCN propose deux créations du duo / et de pour nous convier aux Plaisirs de la découverte. Mission accomplie pour la découverte, puisque que ce sont des créations, moins pour le plaisir.

Avec Record of ancient things, Petter Jaccobsson, le directeur du CCN , et choisissent un titre nostalgique pour un ballet qui se voudrait contemporain, mais ne l’est pas vraiment. Le début du spectacle est chorégraphiquement disgracieux, mais s’achemine progressivement vers plus d’harmonie et d’onirisme. Il faut s’habituer, de prime abord, à ces danseurs embarrassés par leurs chaussures de ville ou leurs baskets aux épaisses semelles, vêtus de costumes de camouflage urbain. Évoluant de manière saccadée, par mouvements arrière, ils sont à l’opposé de la ligne attendue d’un danseur contemporain, fluide et tendu vers l’avant.

Au fur et à mesure que la musique devient moins heurtée, la danse s’apaise elle aussi pour reprendre forme dans un duo masculin structurant auquel s’agrègent peu à peu les autres danseurs. Sur un plateau dénudé, où scintillent des pendrillons de plastique transparent, la danse se fait alors (enfin !) trait d’union entre les jeunes danseurs.

Murmuration, la création de en deuxième partie, est beaucoup plus chaleureuse avec ses lumières et ses costumes rouges. Elle s’appuie, tout comme Record of ancient things, sur la masse du groupe de danseurs. En articulant marches, courses, sauts et déboulés, le chorégraphe entraîne les danseurs du Ballet de Lorraine dans une transe intense proche de l’épuisement. Sans être véritablement écrit – au sens de l’écriture chorégraphique – le mouvement répète des motifs qui s’entrelacent dans une vaste fresque mouvante. Toujours mobiles, les danseurs sont attentifs aux autres, dans l’évitement comme dans le rapprochement. Leur « être ensemble » véhicule un message plus généreux et plus humaniste que la pièce présentée en première partie de soirée.

Il est cependant dommage, dans les deux pièces, que des jeunes danseurs, sans doute très bien formés, ne puissent montrer la mesure de leur talent dans une écriture plus technique et une dramaturgie plus ambitieuse. Ils méritent beaucoup mieux !

Photos : © Arno Paul

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