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Le Festival de Paris, première édition

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Paris, Petit Palais, 22-VI-2017. Œuvres de : Tarquinio Merula (1595-1665), Claidio Monteverdi (1567-1643), Antonio Lotti (ca. 1667-1740), Antonio Caldara (1670-1736), Francesco Cavalli (1606-1676). Les Cris de Paris, Geoffroy Jourdain, direction.
Paris, Sainte Chapelle, 29-VI-2017. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Stabat Mater, RV621, Nisi Dominus, RV608. Tim Mead, Contreténor, Les Accents, Thibault Noally, violon et direction

Les Cris de Paris - Petit Palais 20170622Un nouveau festival de musique classique, évolution du Festival Paris Mezzo né en 2015, « Le Festival de Paris » propose durant le mois de juin cinq concerts dans des lieux emblématiques voire touristiques de la capitale, avec une programmation de qualité. Nous avons assisté aux deux derniers concerts au Petit Palais et à la Sainte-Chapelle.

Le 22 juin, la galerie sud du Petit Palais, qui ressemble à la salle des pas perdus du Palais de justice de l’île de la Cité ou à une salle de bal, est transformée pour une soirée en un lieu de concert. Possédant une acoustique proche de la nef d’une grande église, l’endroit est propice pour écouter des polyphonies, même si les voix se perdent quelque peu dans l’espace large. Ainsi avons-nous pu apprécier l’ingénieux programme proposé par , axé autour de et d’. Commencé par l’évocation de la douleur à travers Hor che’l tempo di dormire de Merula et de Crucifixux de Lotti et d’ qui s’enchaînent sans interruption, la musique devient de plus en plus lumineuse. Dans la deuxième partie, c’est la vie qui domine. O Jesu mea vita de Monteverdi, La vita cadula de Lotti, Hor che’l ciel e la terra de Monteverdi, Salve Regina de , et pour terminer, de nouveau Monteverdi (Laudate Dominum et Beatus vir) — la joie qui, à peine éclose à la fin de la première partie, s’épanouit pleinement, exprimée par l’exubérance des voix qui se superposent, se chevauchent et se succèdent. En fonction de pièces, les pupitres sont parfois doublés ou triplés, pour plus d’équilibre ou d’effet vocal. En effet, l’équilibre est là, constant, d’une pièce solo jusqu’à 16 voix, pour varier les registres musicaux et émotionnels. La partie instrumentale, également virtuose, forme un ensemble heureux avec les voix. Un très beau voyage musical dirigé avec maestria par .

Tim MeadLe 29 juin, pour la clôture du Festival à la Sainte-Chapelle, le contre-ténor britannique chante deux célèbres œuvres d’, avec l’ensemble dirigés avec violon par . Le chanteur opte pour le diapason à 440 Hz, selon le coutume vénitienne de l’époque (la Cité des Doges avait l’habitude de jouer à un plus haut diapason que dans les autres villes). Un exploit, d’autant qu’il chante ces deux pièces en une soirée. Dans le Stabat Mater, l’interprétation de « Eja Mater » est divine, la ligne mélodique admirablement fluide, accompagnée d’un rythme pointé des cordes. Après une courte pause, Nisi Dominus est à la fois vigoureux et précieux. La résonance généreuse du lieu ne permet malheureusement pas de manière juste l’art des musiciens, notamment les vocalises dans « Nisi Dominus » et « Amen ». Ce dernier concert, d’une durée d’à peine une heure, semble une bonne formule, à la fois populaire et de qualité, pour découvrir chefs-d’œuvre musicaux et ce lieu magique aux 1113 vitraux.

Crédits photographiques : © Le Festival de Paris ; © Benjamin Ealovega

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