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Angela Hewitt joue et gagne sur le Trasimène

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Magione. Château des Chevaliers de Malte. 4-VII-2017. Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonates K 491 en ré majeur, K 492 en ré majeur, K 146 en sol majeur, K 377 en si mineur et K 24 en la majeur ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate en fa mineur op. 2 n° 1 ; Sonate en do dièse mineur op. 27 n° 2 (“Au clair de lune”) ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Partita n° 4 en ré majeur BWV 828. Angela Hewitt, piano.

Angela Hewitt 2017 (c) Lorenzo DoganaLe festival du Trasimène s’est terminé comme chaque année par un récital d’ dans la cour du château des Chevaliers de Malte de Magione, en Ombrie.

Cette année, le festival créé en 2005 par la pianiste canadienne , s’est ouvert dans la Basilique San Pietro de Perugia, par un concert dirigé par le chef d’orchestre Sir Roger Norrington, à la tête du Zurich Chamber Orchestra, avec en soliste , qui interprétait le Concerto n° 20 de Mozart. On aura entendu aussi, au fil des différentes soirées, Anne Sofie von Otter, dans un programme contemporain, et les pianistes Janina Fialkowska, Jon Kimura Parker et Charles Richard-Hamelin, jouant à quatre pianos avec Angela Hewitt pour célébrer, le 1er juillet 2017, le 150e anniversaire du Canada.

Après avoir itinéré jusqu’à Perugia et Trevi, le festival italo-canadien se termine ainsi avec un récital de sa fondatrice, dans la ravissante cour du château des Chevaliers de Malte de Magione, l’un des nombreux petits villages perchés d’Ombrie, son port d’attache.

Jouant sur un Fazioli légèrement essoufflé par le festival, la pianiste propose des œuvres de Scarlatti, Beethoven et Bach. Elle commence par cinq sonates de Scarlatti, sautillantes et précieuses, farandole de notes bondissantes, jusqu’au panache multicolore de la K24, en la majeur, avec ses notes brillantes qui reviennent, et insistent, et ses passages acrobatiques des mains.

La Sonate op 2 n° 1 de Beethoven, jouée comme en continuité avec l’œuvre précédente, semble presque baroque encore : légèreté du toucher, floraison de sons jaillissant en feu d’artifice, et inévitabilité nostalgique de ritournelles pressantes. L’Adagio tranquille est l’une des premières musiques connues de Beethoven, et le prestissimo final brillant et expressif, éboulis de notes dansantes dans un déchaînement virtuose, annonce ce qui suivra.

Une partita de Bach vient ensuite, compositeur fétiche de l’interprète qui en a enregistré l’intégrale. Après l’Ouverture noble, mais pas sentimentale, son style perlé staccato découpe le tissu vital de la musique en désarticulations faites de ruptures et catapultes. Romantisme et rigueur en un même souffle, Angela Hewitt joue avec flamme, mais maîtrise absolument les incendies.

Le début de la Sonate « au clair de lune », dans l’interprétation d’Angela Hewitt ce soir-là, est comme une respiration toujours suspendue, dans la fluidité d’un tempo élastique. La solidité du flux pianistique de l’Allegretto et l’agilité de la pianiste dans la dernière partie Presto agitato provoquent une standing ovation du public, canadien, américain et local, venu l’applaudir.

Crédits photographiques : Angela Hewitt © Lorenzo Dogana

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