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Giselle par le Ballet de Cuba : à dix ans près

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Salle Pleyel. 12-VII-2017. Adolphe Adam (1803-1856) : Giselle, sur un livret de Théophile Gautier et Henri Vernoy de Saint-Georges, d’après un poème d’Heinrich Heine. Chorégraphie : Alicia Alonso (1948), d’après la chorégraphie originale de Jean Coralli et Jules Perrot (1841). Décors (adaptation) et costumes : Salvador Fernandez. Annette Delgado, Giselle ; Raul Abreu, Albrecht ; Ernesto Diaz, Hilarion, Ginett Moncho, Myrtha. Ballet National de Cuba. Musique enregistrée.

Ballet de CubaUne sorte d’éternité touche le Ballet de Cuba qui revient à Paris, non plus au Grand Palais mais dans la salle Pleyel, dix ans plus tard avec le même programme et les mêmes stars dans les rôles principaux. Cette expérience d’assister à une décennie près au même spectacle laisse une impression floue et grisante d’une constance et d’une sécurité dans un monde de la danse où les aspérités sont de plus en plus lissées.

À dix ans d’intervalle, presque jour pour jour, ravit toujours par la beauté et la précision de son travail des bras (caractéristique de l’école cubaine) infiniment moelleux, qui ne dépassent jamais la ligne des épaules et même restent souvent très bas, comme en position préparatoire. Le temps semble suspendu dans ses apparitions où elle dicte la musique (comme sait le faire Viengsay Valdes dans le DVD de Don Quichotte), et où elle prend tout le temps de déployer ses bras comme si faire des mouvements moins spectaculaires rendait une perspective plus naturaliste et simplifiée.

Son partenaire, , fait partie de ces danseurs dont on devine la carrière internationale qui se profile : au Ballet de Cuba, ce sont les hommes qui s’exilent, disséminant leur virtuosité dans des compagnies étrangères qui en manquent cruellement et où ils connaîtront des opportunités de développement plus importantes. Sa belle technique de sauts et de tours, ses capacités physiques et sa présence virile sur scène sont un contrepoint parfait à la tendre . Enfin, en Myrtha, impressionne dès son apparition dans ses menés sur pointe qui font applaudir la salle dans ce pas pourtant peu spectaculaire, mais elle n’est pas moins intéressante dans la caractérisation de son personnage (étant un contraste implacable de froideur face à Giselle pleine de douceur) et son hiératisme royal.

Le corps de ballet, dont on avait regretté la chorégraphie simplifiée à laquelle il était soumis, est plutôt en bonne forme, surtout en ce qui concerne les filles. En revanche, les physiques trop différents des garçons, avec des tailles assez disparates, ne permettent pas de créer une harmonie suffisante ; mais tous ont ce sens du show et l’envie d’être démonstratif dans la joie de danser.

Après un gala stupéfiant, il ne reste plus qu’à se précipiter sur les représentations de Don Quichotte, qui, tout comme cette Giselle qui charme toujours à dix ans d’intervalle, enflammera autant le public de la Salle Pleyel que celui du Grand Palais il y a une décennie.

Crédit photographique : © Nancy Reyes

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