tous les dossiers(1)

Sideways rain : les courses folles de Guilherme Botelho

Danse , Festivals, La Scène

Paris, Lycée Jacques Decour. Dans le cadre du Festival Paris l’Eté. 19-VII-2017. Compagnie Alias/Guilherme Botelho : Sideways rain. Chorégraphie : Guilherme Botelho. Assistant : Madeleine Piguet Raykov. Scénographie : Guilherme Botelho, Stéphanie Liniger, Gilles Lambert. Musique originale : Murcof. Création lumières : Jean-Philippe Roy. Costumes : Marion Schmid d’après Julia Hansen. Technique : Alex Kurth. Avec Stéphanie Bayle, Rémi Bernard, Fabio Bergamaschi, Stanilav Genadiev, Erik Lobelius, Philipa Maillardet, Alessandra Mattanan, Ismaël Oairtzabal, Julien Ramade, Claire Marie Ricarte, Adrian Rusmali, Candide Sauvaux, Nefeli Skarmea, Christos Strinopoulos.

Une technique au sol époustouflante et un art consommé du rythme insufflent à Sideways rain, la proposition chorégraphique de , son caractère inédit et innovant. Une plongée fascinante dans la théorie de l’évolution…

De jardin à cour, inlassablement, ils vont défiler. D’abord quasi rampants, à quatre pattes au plus proche du sol, puis roulant ou glissant sur le tapis sous l’impulsion de leurs cuisses et de leurs bras. Parfois, l’un d’entre eux s’arrête, s’assoit, regarde en l’air et bascule à nouveau dans un rampement permanent. C’est la théorie de l’évolution selon où l’on voit l’homme à quatre pattes, puis assis et enfin debout.

Le rythme de ces courses latérales, où aucune ligne ne se croise, est intense et fascinant. Les corps déboulent, se précipitent, sans répit. Pour parvenir à ce résultat très maîtrisé, fluide et sans à-coups, les danseurs ont travaillé leur technique au sol, sur le ventre, sur le dos ou à genoux. Roulades ou roulés-boulés, certaines de ces figures très physiques valent les déboulés de la danse académique.

On ne sait vers où se dirigent ces quatorze danseurs qui se renouvellent à chaque passage, reprenant la file ininterrompue qui passe devant nos yeux et donnant l’impression d’une foule considérable, convergeant vers un point distant, regardant vers le ciel ou derrière eux. La rencontre entre certains de ces êtres ne peut avoir lieu que fugacement, presque fortuitement, comme une manière de dénoncer l’absence de contact et l’incommunicabilité de notre société, dans laquelle chacun trace son sillon. C’est une fuite en avant que décrit Guilhermo Botelho dans ce Sideways rain.

Photos : © Andrea Fernandez

Banniere-abecedaire728-90-resmusica-janvier16

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.