tous les dossiers(1)

Raucous Rossini, une jeune troupe enchante Cortone

La Scène, Opéra, Opéras

Cortone. Teatro Signorelli. 10-VIII-2017. Gioachino Rossini (1792-1868) : L’occasion fait le voleur, ou l’échange de valises, opéra en un acte, sur le livret italien de Luigi Privaldi, basé sur le vaudeville d’Eugène Scribe, Le prétendu par hasard, ou L’occasion fait le larron. Avec : Barbara Cole Walton, Bérénice ; Kieran White, Martino ; Fiona Joice, Albertina ; Kieran White, Comte Alberto ; Jonathan Forbes Kennedy, Martino ; Colin Murray, Don Parmenone ; Samuel Jenkins, Don Eusebio. Orchestre de Raucous Rossini, direction : Max Fane.

Fiona Joice (c) E.Schneiter

Menée par l’infatigable , la jeune compagnie , en tournée avec L’occasione fa il ladro, passe par la Toscane.

Installé au fond de la scène du beau Teatro Signorelli de Cortone, l’orchestre est presque caché par une rangée de chaises de velours rouge, celles des loges du théâtre. Sur chacune, une antique valise beige. Les chanteurs les ouvriront l’une après l’autre, pendant l’ouverture, dévoilant un panneau avec le nom de leur personnage : une astuce de mise en scène, déjà utilisée l’an dernier lorsque la troupe avait donné ici Il Signor Bruschino.

Portée par l’énergie du très jeune , 25 ans, la compagnie réunit de jeunes chanteurs et des musiciens issus, pour la plupart, du Conservatoire royal d’Écosse. Max tourne depuis huit ans déjà dans le Nord de l’Ombrie, sur les places et dans les beaux théâtres à l’italienne de la région, dans des villes et villages, d’abord avec une chorale, et depuis 2014, avec la compagnie qu’il a fondée, et qui grandit au fil des soutiens recueillis.

La plupart des chanteurs articulent, une qualité rare… qui permet de comprendre l’intrigue simplette, un échange de valise, et un échange de personnalité entre Bérénice et sa servante Ernestina, mais riche en rebondissements. La mise en scène, inventée par la troupe, est simple elle aussi, avec quelques idées efficaces, comme le plumeau jaune vif que Bérénice agite tel le sabre de Dark Vador, pour menacer Parmenone.

Max Fane module un orchestre parfait de nuances et de frénésie rossiniennes, en pleine osmose avec ses chanteurs qu’il dirige de dos. Barbara Cole Walton (Bérénice), qui a enfilé une blouse sur sa mini robe pour se déguiser en domestique, a une voix acidulée, un peu légère mais qui monte comme naturellement vers des aigus diaphanes, avec une aisance qui se joue des ornements rossiniens, et les charge d’émotion.

Comme elle, Fiona Joice est une actrice accomplie, très drôle dans sa dignité affectée. Sa voix de mezzo, chaude et mélodieuse, étoffe le rôle d’Ernestina. Kieran White (Comte Alberto) est celui qui se fait le plus mal comprendre, un défaut très répandu chez les chanteurs, même les plus grands, mais ce n’est pas le cas de Colin Murray, dont la voix puissante et mélodieuse ajoute au charme de Don Parmenone. Jonathan Forbes Kennedy est parfait dans le rôle de Martino, et Samuel Jenkins fait de son mieux dans celui de Don Eusebio.

L’artiste à suivre est sans contexte le chef et organisateur, Max Fane qui, début septembre, lance à Florence un nouveau et très ambitieux festival, le New generation festival.

Crédit photographique : Fiona Joice © E.Schneiter

Banniere-clefsResMu728-90

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.