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À Tannay, Grieg et Dvořák manquent d’espace

Festivals, La Scène, Musique symphonique

Tannay. Château. 19-VIII-2017. Variations musicales de Tannay. Emils Darzins (1875-1910) : Valse mélancolique. Edvard Grieg (1843-1907) : Concerto pour piano et orchestre en la mineur op. 16. Antonin Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 8 en sol majeur op. 88. Orchestre National Symphonique de Lettonie. Plamena Mangova, piano. Direction musicale, Andris Poga.

┬® Noslegums kvadrDans le cadre idyllique du château de Tannay, avec la vue magnifique sur le Lac Léman, l’ tente vainement d’affirmer sa réputation dans un concert difficile pour tout un chacun.

Sous une tente dont l’acoustique n’autorise pas l’explosion symphonique, difficile de se faire une idée bien précise sur le concert d’un orchestre nécessairement habitué à s’exprimer dans des lieux plus propices à l’expression musicale. En effet, quand aux derniers rangs des pupitres le plafond est à hauteur d’homme, et ne se double guère plus en son centre, difficile qu’un orchestre soit doté d’une si grande musicalité qu’il puisse adapter ses volumes et sa qualité sonores aux conditions de l’endroit, a fortiori en l’espace d’une soirée. Ainsi, la grande partie de sa prestation fut malheureusement marquée par des violons saturant l’atmosphère et des pupitres s’harmonisant péniblement.

Pourtant, avec la Valse mélancolique, œuvre d’une belle mélodicité, du pianiste et compositeur letton , tout avait bien commencé. Sans traits orchestraux d’une extrême difficulté laissant à la mélodie le soin de s’exposer avec une ligne de chant superbement nostalgique, on apprécie pleinement la qualité de l’orchestre et de la direction de son chef .

Si l’ensemble letton avait pu soutenir ce même niveau sonore pour le Concerto pour piano et orchestre d’, on aurait assisté à un tout autre concert. Malheureusement, l’œuvre est ainsi faite qu’elle ne se prête pas à une interprétation chambriste. Dès lors, l’acoustique des lieux rend l’orchestre extrêmement analytique, presque sans legato. S’ajoute à cela une apparue en méforme. Brouillonne, la pianiste bulgare semble constamment vouloir imposer sa personnalité à l’ensemble à travers une technique certes brillante mais qui manque ici de sensibilité et de musicalité. Avec l’attention du chef à sa pianiste, la démarche semble s’accorder mais dès qu’il concentre son attention sur l’orchestre, la tension se déplace, déstabilisant aussi bien le chef que la soliste. S’ensuivent alors quelques décalages et nervosités au détriment de la continuité lyrique de ce concerto. Toutes les notes sont là, mais reste l’impression que chacun les joue pour lui-même au lieu de s’employer à la cohésion musicale.

En deuxième partie, la Symphonie n° 8 d’Antonin Dvořák apparaît comme un choix tout aussi problématique que celui du concerto de Grieg. L’exiguïté du plateau, le manque d’espace et de réverbération des lieux nuisent considérablement à l’écoute d’une œuvre aussi dense.

Crédit photographique : © Noslegums kvadr

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