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Une Aida tactile à Macerata

Festivals, La Scène, Opéra

Macerata. Sferisterio. 14-VIII-2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) Aida, opéra en quatre actes, sur un livret d’Antonio Ghislanzoni d’après une intrigue d’Auguste-Édouard Mariette. Mise en scène, Francesco Micheli. Décors, Edoardo Sanchi. Dessins, Francesca Ballarini. Costumes, Silvia Aymonino. Lumières, Fabio Barettin. Choréographies, Coreografie, Monica Casadei.
Avec : Aida, Liana Aleksanyan ; Amneris, Anna Maria Chiuri ; Radamès, Stefano La Colla ; Amonasro, Stefano Meo ; Ramfis, Giacomo Prestia ; Il Re, Cristian Saitta ; Un messaggero, Enrico Cossutta ; Una sacerdotessa, Federica Vitali. Orchestre Philharmonique des Marches, direction, Riccardo Frizza. Chœur lyrique des Marches Vincenzo Bellini, chef de chœur, Carlo Morganti.

Anna Maria Chiuri et Stefano La CollaDans Aida, un immense ordinateur portable figure l’univers dans cette dernière mise en scène de pour le Festival d’Opéra de Macerata.

Au milieu de la vaste scène du Sferisterio, un immense plan incliné se dédouble et s’ouvre lentement pendant l’ouverture de l’opéra, ordinateur portable géant. Des projections animent le mur de fond de scène, hiéroglyphes et autres signes, qui ponctueront l’histoire de l’amour malheureux d’Aida et Radames, racontée par le grand prêtre Ramfis, blogueur moderne, sa tablette à la main, remplaçant l’argile et le stylet. Le chœur aussi, planté sur les côtés, pianote sur des mini-ordinateurs. Les personnages se meuvent sur l’ordinateur portable géant, tels des curseurs qui font bouger les lignes, et avancer le drame, dans un parti pris résolument multimédia. La reprise de sa mise en scène d’Aida, créée en 2014, a clos l’édition 2017 du MOF, et la collaboration de avec ce festival. À son actif, un renouveau de l’image, une fréquentation en hausse, et l’ouverture réussie du festival à la ville et à ses habitants.

La soprano arménienne Liana Aleksanyan, coiffée à la Mireille Mathieu, est une Aida brillante et sûre, ample, surtout dans la zone aiguë centrale. Les duo avec Radames au troisième acte et à la fin de l’opéra, sont très beaux, malgré une certaine raideur de , dont la voix homogène, le timbre et le phrasé mettent mieux en valeur ses élans guerriers. Anna Maria Chiuri, joue de son phrasé sensible, pour exprimer les multiples facettes d’Amneris, de l’inquiétude de Non hai tu in Menfi , à la consternation de Fu la sorte dell’armi, dans toute la douleur d’une femme amoureuse rejetée. Stefano Meo a une voix claire, mais semble bloqué sur un volume hyper fort, ce qui fonctionne bien dans l’invocation du troisième acte, mais perd en expression. Le Ramfis de , est parfois vacillant, et Cristian Saitta, sombre voix d’une grande amplitude vocale, campe un Roi imposant. La prêtresse de Federica Vitali est satisfaisante, le messager de Enrico Cossutta, beaucoup moins.

L’Orchestre Philharmonique des Marches séduit par sa légèreté et son art du rubato, particulièrement, dans les fameuses Trompettes, le chef , dansant gracieusement sur son podium. L’œuvre échappe ainsi au style trop souvent pompier des interprétations de Verdi. Le Chœur lyrique des Marches , lui aussi chante tout en nuances et dégradés sonores.

Les visions se succèdent, tout devient écran. Radames et Aida chantent leur amour. L’écran se replie sur eux et ils disparaissent dans l’au-delà par le trou noir de la porte des morts.

Crédit photographique : © Alfredo Tabocchini

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