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Les 80 ans du Philhar, un octogénaire très séduisant

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Maison de Radio France – Grand Auditorium. 15- IX-2017. Maurice Ravel (1875-1937) : La Nuit, L’Aurore, Tout est lumière ; Claude Debussy (1862-1918) : Nocturnes ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Le Sacre du printemps. Barbara Assouline, soprano. Pascal Bourgeois, ténor. Chœur de Radio-France, Maîtrise de Radio-France, Orchestre Philharmonique de Radio-France, direction : Mikko Franck.

Mikko FranckChaque concert du « Philhar » est toujours un moment d’excellence musicale, acquise sous la houlette des plus grands chefs, comme Janowski, , Boulez, Dudamel, Gergiev ou encore Salonen, pour ne citer que les plus récents, qui se sont succédés au pupitre depuis 1937, date de sa fondation. Une perfection musicale qui fait actuellement de la phalange parisienne une des plus réputées sur la scène internationale, dirigée aujourd’hui par le chef finlandais . Pour ce premier concert de la saison, célébrant le 80e anniversaire de l’orchestre, le programme éclectique associant Ravel, Debussy et Stravinsky avait pour but évident de mettre en avant les différentes formations musicales de Radio-France, et notamment le Chœur et la Maîtrise qui ont moins souvent les honneurs de la scène.

C’est au Chœur d’ouvrir la soirée avec, La Nuit, L’Aurore et Tout est lumière, trois chœurs peu connus de datant de 1902, d’un académisme un peu désuet, écrits pour le Prix de Rome que le compositeur n’obtint jamais. Des compositions où il est bien difficile de reconnaître le Ravel de la maturité, où la priorité semble être donnée à la ligne mélodique, sorte d’exercice de style magnifié, ici, par le Chœur de Radio-France. La pièce la plus intéressante étant sans nul doute L’Aurore développant une dynamique ample en accord avec de grandes respirations orchestrales, dans laquelle s’inscrit un beau dialogue entre le ténor et le cor anglais de Stéphane Suchanek.

C’est ensuite au tour de la Maîtrise de faire montre de tout son talent, en déployant un chant envoûtant dans le flux et le reflux de Sirènes, le dernier des trois Nocturnes (1897-1899) de Debussy. Nuages, d’entrée de jeu, fait valoir toute la poésie et la richesse de l’orchestration debussyste, avec une petite harmonie rutilante conduite par au hautbois, à la flûte et Stéphane Suchanek, déjà cité, au cor anglais, tandis que Fêtes fait la part belle aux cuivres et notamment à la trompette d’Alexandre Baty sous la direction très précise de , qui parvient à entretenir un dynamisme tendu par une rythmique obsédante avec un grand crescendo parfaitement maitrisé.

On émettra en revanche quelques réserves concernant Le Sacre du printemps de Stravinsky. Des remarques ne concernant pas tant la réalisation instrumentale, irréprochable, ni la mise en place au cordeau de cette œuvre particulièrement difficile à diriger, que la conception même de l’interprétation qui fait appel, ici, à des tempi un peu trop lents, amputant la dimension chorégraphique de l’œuvre. Une vision peut être un peu trop analytique, trop symphonique où chaque détail de la partition est exploité parfois au détriment de la conception d’ensemble. Une lecture que l’on aurait préférée, par instants, plus dionysiaque, plus sensuelle, plus barbare, en un mot moins apollinienne, pour que la fête soit complète.

Bon anniversaire ! Nos vœux les plus sincères…

Crédit  Photographique : Mikko Franck © J. F Leclercq

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