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Thomas Hampson dans un récital de mélodies françaises

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Opéra

« Sérénade », récital de mélodies françaises. Charles Gounod (1818-1893) : Sérénade ; Ô ma belle rebelle ; La Chanson du pêcheur. Georges Bizet (1838-1875) : Pastorale ; La Coccinelle ; La Chanson du fou. Giacomo Meyerbeer (1791-1864) : Sicilienne. Emmanuel Chabrier (1841-1894) : La Villanelle des petits canards. Ernest Chausson (1855-1899) : Chevalier malheur ; Cantique à l’épouse ; Le Temps des lilas. Jules Massenet (1842-1912) : Les Yeux clos ; Heure vécue. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Le Pas d’armes du Roi Jean ; Danse macabre ; Si vous n’avez rien à me dire. Albéric Magnard (1865-1914) : Les Roses de l’amour. Thomas Hampson, baryton ; Maciej Pikulski, piano. 1 Hybrid SACD Pentatone. Enregistré à Siemens Villa & Teldex Studios Berlin en Allemagne en septembre et octobre 2015. Textes de présentation en anglais, français et allemand. Durée : 57′36’’

 

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5186681_coverLe baryton américain signe son premier disque pour le label néerlandais Pentatone, en nous proposant une incursion dans l’univers de la mélodie romantique française, et il réussit merveilleusement bien à dépeindre l’ambiance nostalgique, tout autant que le côté ludique de ces pages.

Rappelons qu’au cours de sa carrière, ne s’est aventuré dans le domaine de la musique française que relativement rarement, tout en manifestant une préférence pour le répertoire allemand ou italien. Le présent enregistrement, bien qu’il apparaisse comme l’exploration d’une terre inconnue, s’avère une excellente leçon de chant. Déjà dans les trois mélodies de qui ouvrent ce disque, le soliste montre l’extraordinaire force évocatrice de sa voix voluptueuse et brûlante. En effet, l’émotion qui accompagne ces mélodies est prenante, par exemple dans La Chanson du pêcheur, l’une des plus belles déclarations d’amour qu’ait vues naître le XIXe siècle, dont l’atmosphère envahie par la mélancolie et le désespoir nous renvoie à la littérature purement « romantique » (les paroles de , commençant par « Ma belle amie est morte », n’en sont pas moins touchantes que l’interprétation elle-même).

Profond, tout autant que doux comme du velours dans toute son étendue, le baryton de Thomas Hampson brille de mille feux, également dans des mélodies plus légères, comme La Coccinelle de ou La Villanelle des petits canards d’, pour lesquelles l’artiste émerveille non seulement par le timbre de sa voix, mais aussi par sa prononciation, l’articulation, ainsi que les nuances ; celles-ci, bien que sans aucun doute bien travaillées, paraissent pourtant si naturelles.

La Danse macabre de Saint-Saëns, telle une fantasmagorie où l’oreille se plonge dans des harmonies radieuses fusionnant avec des rythmes violents et farouches, est à son tour pleine d’inquiétude et de nervosité mais également d’humour noir.

Ajoutons que la formidable prise de son permet d’apprécier la beauté et la richesse des couleurs de la voix de Hampson, ainsi que le toucher délicat et chatoyant du pianiste qui, d’une part, épouse parfaitement la musicalité de l’interprète, et d’autre part, semble donner à ces partitions un nouveau relief.

Voici l’une des meilleures, si non la meilleure des productions vocales sorties ces derniers mois. Une parution qui ne devrait pas tarder à enrichir nos discothèques.

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