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Juliana Steinbach, un piano tout en couleurs

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Franz Liszt (1811-1886) : Jeux d’eau à la Villa d’Este. Claude Debussy (1862-1918) : Images I ; Images II ; L’Isle Joyeuse. Modeste Moussorgski (1839-1881) : Tableaux d’une exposition. Juliana Steinbach, piano. 1 CD Pavane Records ADW7576. Enregistré en avril 2011 salle Molière à Lyon. Durée : 74’29

 

Picures. Juliana SteinbachPour son dernier opus discographique, la jeune pianiste nous propose une version live de son récital « Pictures » donné salle Molière, à Lyon.

Un disque consacré à Liszt, Debussy et Moussorgski, une occasion, pour beaucoup, de découvrir cette jeune pianiste, née au Brésil, ayant fait ses études à Paris (au CNSM), bardée de récompenses internationales, dont notamment le prix de la Fondation Alfred Rheinhold qui lui a permis d’acquérir un piano Blüthner. Elle se produit également au sein du Trio Talweg avec lequel elle a enregistré en 2014 une intégrale des Trios à cordes de Johannes Brahms pour le même label. Remarquée pour la richesse et l’inventivité de son jeu, elle nous donne à entendre ici un récital tout en couleurs autour de ses compositeurs fétiches, notamment Debussy et Moussorgski.

Les Jeux d’eau à la Villa d’Este de Liszt ouvrent l’album. Tirés de la troisième année de pèlerinage (Italie), il s’agit d’une œuvre tardive composée entre 1867 et 1881, toute imprégnée de religion et de sérénité ; évoquant le baptême, elle allie difficultés techniques, virtuosité et dépouillement. y déploie une belle fluidité dans un climat méditatif qui saura inspirer Debussy, tout particulièrement dans Reflets dans l’eau, appartenant au premier livre d’Images (1905). Plus grave et d’une lenteur sépulcrale, Hommage à Rameau contraste étonnamment avec Mouvement, plus extraverti. Le second livre d’Images (1907) confirme les qualités de coloriste de Juliana Steinbach, s’attachant à créer par petites touches des atmosphères propres s’inscrivant dans une lignée impressionniste où tout est suggéré comme émergeant d’un songe. Mélancolie poignante des Cloches à travers les feuilles, suspension du temps dans Et la lune descend sur le temple qui fut, frétillements irisés de Poissons d’or. L’Isle Joyeuse est une œuvre également très colorée dont le jeu ludique et varié évoque la joie et la vie, pièce voluptueuse toute imprégnée de l’amour de Claude et d’Emma. Couleurs et nuances encore pour les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, servis par un jeu clair, engagé et narratif qui s’applique à caractériser chaque scène de ce voyage imaginaire.

Un bel album, une magnifique interprétation à ne pas manquer, et une jeune pianiste à suivre.

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