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Édition André Cluytens : la splendeur de la perfection

À emporter, CD, Musique symphonique

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erato_andre_cluytens_orchestral_3DÀ plusieurs reprises, lors de chroniques d’albums « Icon », nous avions émis le souhait pressant d’une édition de la part de Warner Classics ; on s’attendait peut-être à un coffret Icon d’une dizaine de disques, consacré au chef d’orchestre franco-belge, mais de là à envisager une intégrale orchestrale de 65 CD ! La présente parution est vraiment miraculeuse et inespérée.

Fils et petit-fils de chefs d’orchestre, (né à Anvers le 26 mars 1905, mort à Neuilly-sur-Seine le 3 juin 1967) fut naturalisé français en 1939, et dès 1949, il prit en main les destinées de l’ qui lui resta fidèle durant toute sa carrière, en lui offrant son tout premier disque gravé le 13 mai 1943 (Burlesque en ré mineur de Richard Strauss), et son dernier en septembre 1966 (L’Enfance du Christ op. 25 d’), alors qu’il était atteint d’un cancer. Entre temps, il amena également en studio les Orchestres de l’Association des Concerts Colonne, des Théâtres Nationaux de l’Opéra et de l’Opéra-Comique, les Orchestres Nationaux de la Radiodiffusion Française et de Belgique, le et les Philharmonies de Berlin et de Vienne ; il fut le premier chef franco-belge à officier au Festival de Bayreuth de 1955 à 1965, invité par Wieland Wagner qui confia avoir trouvé en lui le chef d’orchestre wagnérien idéal. Le tout avec les plus grands solistes lyriques et instrumentaux du moment, qui l’adoraient sans exception, notamment pour sa grande courtoisie – une qualité loin d’être commune à tous les chefs d’orchestre…

Dès décembre 2009, dans notre article, nous appelions déjà de nos vœux une réédition en coffret des gravures d’André Cluytens. Eh bien voilà ! C’est enfin chose faite grâce à Warner, et d’une façon exceptionnelle, qui méritait bien cette longue attente. Remercions d’ailleurs le Japon, où Cluytens fait l’objet d’une véritable vénération qui a incité divers petits labels (dont l’excellent Forgotten Records) à rééditer ses gravures, et finalement amené Warner à publier cette édition « officielle » exhaustive. Et exhaustive, elle l’est assurément : première édition officielle, après celle de 2015 chez Meloclassic (MC1034) pour le centenaire de la pianiste Monique de La Bruchollerie (1915-1972), du Concerto pour piano n°4 en sol majeur op. 58 de Beethoven (14 mai 1943) ; España, rhapsodie pour orchestre de Chabrier (6 novembre 1952) et Concerto pour piano n°1 en ut majeur op. 15 de Beethoven, avec Emil Guilels (11 juin 1955), deux inédits de fin de session d’enregistrement jamais publiés auparavant ; autre inédit : des extraits du ballet Cydalise et le Chèvre-Pied de Pierné. De plus, Warner a poussé l’intégralité jusqu’à inclure les sections orchestrales issues d’œuvres lyriques gravées par Cluytens : Suite n°1 de Carmen (1950) ; Ballet de Faust (version mono, 1953, et stéréo, 1958) ; Ouverture de Mireille (1954) ; Ouverture du Roi d’Ys (1957) ; trois extraits de La Damnation de Faust (1959).

CD 1 à 4 : les 78 tours. Parmi tous ces précieux joyaux, il convient de retenir le rare Prélude de l’acte 3 de La Habanera de (1876-1943), ainsi qu’une version époustouflante – et qui swingue ! – d’Un Américain à Paris de Gershwin, où a priori on n’attendait nullement André Cluytens. Les transferts en CD sont exceptionnels, comme d’ailleurs tous ceux accomplis pour ce coffret par le Studio Art et Son de Christophe Hénault.

CD 5 à 35a : les vinyles mono. Encore des raretés : Nuit, interlude de l’Oratorio de Noël In Nativitatem Domini de Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) ; la musique de scène Les Érinnyes de Massenet (dont fait partie la fameuse Élégie) ; des Mélodies de (1879-1961) ; les créations au disque des Concertos pour piano de (1911-2007) et (1924-2008), où l’on retrouve avec plaisir respectivement les pianistes et  ; le poème symphonique Gaultier-Garguille et des extraits du drame lyrique Madame Bovary du bien oublié (1898-1987). Sans compter Le Martyre de Saint-Sébastien de Debussy dans la version la plus complète existante, tant pour le texte que pour la musique ; et enfin, le mélodrame Perséphone de Stravinsky, qui ne cachait pas son admiration pour Cluytens.

CD 35b à 65 : les vinyles stéréo. Pas de raretés, à moins de considérer comme telle à l’époque le tout premier enregistrement stéréophonique de Cluytens, exceptionnel, consacré à la Symphonie n°11 en sol mineur « L’Année 1905 » op. 103 de Chostakovitch, gravée en 1957, l’année de sa composition, et qui accompagne celui en mono des deux Concertos pour piano avec le compositeur au piano : des références évidentes. En contrepartie, l’intégrale, célèbre à juste titre, des Symphonies de Beethoven avec la Philharmonie de Berlin, la toute première en stéréo avec la phalange allemande ; la merveilleuse intégrale des œuvres de Ravel que Cluytens avait déjà honoré en mono avec autant de distinction raffinée, de sensualité voluptueuse, de génie ; une superbe anthologie Wagner qui complète celle en mono et qui nous fait comprendre pourquoi Wieland Wagner estimait tant Cluytens ; divers compositeurs russes, des Berlioz, des Franck, des Roussel dont on ne se lasse pas et dont chaque audition livre des détails insoupçonnés, tant les orchestres français si typiques de l’époque, l’interprétation et la prise de son côtoient l’idéale perfection. Mentionnons enfin les admirables versions mono et stéréo du Requiem op. 48 de Fauré (1950 – avec Maurice Duruflé à l’orgue ! – et 1962), et de L’Enfance du Christ op. 25 de Berlioz (1951 et 1965-66).

En conclusion, il convient de citer les propos mêmes, teintés d’humour, de l’éditeur, l’équipe d’Erato et Warner Classics : « […] André Cluytens fut le premier artiste classique français à vendre un million de disques, ce qui dit bien son immense popularité auprès des mélomanes de son époque. Quoique l’éditeur se fasse peu d’illusions sur la probabilité d’écouler un million d’exemplaires de ce coffret, nous sommes heureux que l’entreprise un peu folle d’une intégrale orchestrale Cluytens rende enfin justice à celui qui fut l’un de nos plus grands chefs, par surcroît toujours fidèle à notre maison. » Aussi, contribuons à soutenir Warner en nous procurant ce coffret d’exception, afin de lui permettre cette fois de nous restituer l’intégrale Cluytens des enregistrements d’opéras.

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