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Les quatre éléments du Solstice de Blanca Li

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Théâtre national de Chaillot. 23-IX-2017. Compagnie Blanca Li : Solstice. Chorégraphie, direction artistique : Blanca Li. Scénographie, dramaturgie : Pierre Attrait. Images : Charles Carcopino. Musique : Tao Gutierrez. Lumières : Caty Olive. Costumes : Laurent Mercier. Coiffures : John Nollet. Construction décors : Atelier de l’Opéra de Rouen Normandie. Avec Yacnoy Abreu Alfonso, Peter Agardi, Rémi Bénard, Jonathan Ber, Julien Gaillac, Joseph Gebrael, Yann Hervé, Aurore Indaburu, Alexandra Jézoui, Pauline Journé, Margalida Riera Roig, Gaël Rougegrez, Yui Sugano, Victor Virnot (danseurs), Léa Solomon (stagiaire) et Bachir Sanogo (musicien).

Il est rare que les bons sentiments produisent de bons spectacles. En voulant, à travers Solstice, sa dernière création, sensibiliser le public à la fragilité de notre planète, la chorégraphe crée de belles images qui impriment la rétine sans toucher notre cœur.

déborde d’énergie. Chorégraphe toujours à l’affut des thèmes qui irriguent notre quotidien, elle a souhaité avec son nouveau spectacle Solstice, s’engager à travers la danse pour la défense de notre planète. L’intention est louable et lui permet de convoquer quatre éléments : la terre, l’eau, l’air et l’énergie qui nous traverse. Dans ce spectacle ambitieux, elle a disposé de moyens scénographiques et dramaturgiques importants pour mettre en scène son engagement.

Des bandes de toile de parachute forment un baldaquin, comme un nuage au-dessus du plateau, qui est lui-même ourlé dans le fond de la scène, à l’instar d’une vague. Les images de et les lumières de mettent en valeur décor et danseurs dans les différentes séquences, en créant de magnifiques images. Luttant contre d’immenses ventilateurs ou dessinant des cercles infinis dans une fine terre noire, les danseurs inscrivent leurs corps dans ce dessein environnemental. Ils mettent leur énergie et leur détermination, leur humour aussi parfois, dans l’incarnation de ce vaste écosystème que beaucoup considèrent en danger.

Mais de belles images ne suffisent pas pour donner naissance à un ballet dont on se souviendra longtemps. Faute de sens dramaturgique ou de propos suffisamment soutenu, les séquences s’enchaînent sans raconter d’histoire, sans isoler de personnage ou inventer une narration. Formellement, la danse est ample et généreuse, mais n’apporte rien d’inédit sur le plan chorégraphique. Blanca Li chorégraphe puise à de nombreuses sources pour s’abreuver, s’inspirant des costumes extensibles d’Alvin Nikolaïs ou des voiles de Loïe Fuller, jouant avec le décor pour cacher ou révéler les corps.

On regrette d’autant plus ce résultat décevant que l’intention de la chorégraphe était sincère et qu’elle ne néglige aucun effort pour inviter le public à se bouger pour la planète. À l’issue de chaque représentation, une Pollution Dance est proposée aux spectateurs dans le Grand Foyer du Théâtre de Chaillot. Il suffit de quatre minutes pour l’apprendre. Même la feuille de salle a été transformée en flyer pour transmettre les bons gestes pour la planète. Enfin, il sera possible de passer une journée et une soirée festive avec Blanca Li et ses danseurs le 7 octobre prochain. Peut-être cela suffira-t-il à lever ce malentendu ?

Crédit photographique : © Nico Bustos

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