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Michael Spyres et Catherine Hunold illuminent La Damnation de Faust à Nantes

La Scène, Opéra, Opéras

Nantes. La Cité. 23-IX-2017. Hector Berlioz (1803-1869) : La Damnation de Faust, légende dramatique en 4 parties sur un livret du compositeur d’après la traduction du Faust de Goethe par Gérard de Nerval. Avec : Michael Spyres, Faust ; Laurent Alvaro, Méphistophélès ; Catherine Hunold, Marguerite ; Bertrand Bontoux, Brander; Chœur d’Angers Nantes Opéra (direction : Xavier Ribes), Chœur de l’Opéra de Dijon (direction : Anass Ismat), Maîtrise des Pays de Loire (direction : Sophie Siegler), Orchestre National des Pays de la Loire, direction : Pascal Rophé.

Faust-47810aPour conduire au succès cette version de concert de la Damnation de Faust, Angers Nantes Opéra s’est assuré deux atouts de premier ordre avec la présence de celui qui est incontestablement le Faust du moment, , et la prise de rôle majeure de en Marguerite.

Que rêver d’autre dans le rôle titre que ce que nous propose  ? Le ténor américain possède une intelligence du répertoire romantique français, déjà éprouvée à  l’Opéra Comique dans La Muette de Portici (en 2012) et le Le Pré aux Clercs (en 2015) en attendant une très prometteuse Nonne sanglante, à faire pâlir d’envie nombre de ses confrères. Dans un français impeccablement articulé, il impose une ligne de chant d’une pureté immaculée et d’une noblesse constante, en s’appuyant sur une technique à toute épreuve et des intuitions musicales confondantes. La magie s’installe dès Le Vieil Hiver et opérera toute la soirée d’autant que l’instrument se plie à toutes les intentions du musicien avec un aigu franc et un intelligent usage de la voix mixte. Malgré la version de concert, l’investissement de l’interprète est total et le personnage qu’il compose est aussi subtil qu’attachant.

En matière de subtilité, nous rendons les armes devant la Marguerite de , qui domine avec aisance la tessiture du rôle. Bien loin des incarnations wagnériennes incandescentes qui ont fait sa réputation, elle campe un personnage d’une poésie racée, presque immatérielle, et révèle une science consommée de la nuance ainsi qu’une variété d’intentions musicales saisissante. Autrefois un roi de Thulé est distillé comme dans un rêve et D’amour l’ardente flamme constitue un sommet de délicatesse grâce à une diction exemplaire, à un timbre crémeux à souhait et à d’irrésistibles piani. paraît légèrement en retrait, aux prises avec une tessiture qui le contraint plus d’une fois à l’effort, mais partage avec les interprètes précités un grand scrupule stylistique, une certaine maîtrise technique et une articulation exemplaire du texte.

Le succès de la soirée tient aussi à la présence au pupitre de qui fait miroiter la partition sans jamais alourdir le trait, et impose une direction élégante et fluide. Il sait mettre en valeur le moindre détail orchestral mais aussi conduire en ordre parfait de grandes envolées. L’ apparaît en forme superlative : les cordes s’illustrent dans la marche hongroise abordée avec une nervosité bien venue et ponctuée par de tranchantes percussions, tandis que les cuivres sonnent glorieusement tout au long de la soirée. Les chœurs, renforcés par leurs homologues dijonnais, et la Maîtrise des Pays de Loire impressionnent enfin par leur homogénéité et leur discipline, dans cette partition où leur rôle est primordial. Il leur revient justement de conclure cette représentation de haut niveau musical.

Crédits photographiques : Catherine Hunold (Marguerite) & Michael Spyres (Faust) © Jef Rabillon

 

 

 

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