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François Dumont et l’Orchestre Symphonique de Bretagne dans Mozart

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Rennes. Théâtre National de Bretagne. 21-IX-2017. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n° 1 en fa majeur K 37 ; Concerto pour piano n° 24 en ut mineur K 491 ; Concerto pour piano n° 27 en si bémol majeur K 595. Orchestre Symphonique de Bretagne. Piano et direction : François Dumont.

0JB2152©Jean-Baptiste-MillotLe fructueux compagnonnage entre le pianiste et l’ se poursuit avec l’enregistrement de l’intégrale des vingt-sept concertos de Mozart dirigés du piano.

Avec un grand écart entre les concertos K 37, K 491 et K 595, ce concert dans la belle salle du Théâtre National de Bretagne est donné à l’occasion de la parution du deuxième opus du projet, un double CD rassemblant le programme du soir et les concertos 17 et 23, assortis de l’air de concert pour soprano avec piano obligé Ch’io mi scordi di te ? édité par le label de l’OSB lancé en 2015.

Composé en 1767 à l’âge de 11 ans, le Concerto n° 1 K 37 est rarement joué et encore moins enregistré, ne figurant que rarement dans les intégrales (chez Sony : Perahia en 1984 et la réédition des enregistrements Columbia de Lili Kraus en 1965 et 1966). Il s’inspire des sonates qu’il étudiait de Raupach, Honauer, Eckard, Shobert, mais aussi de CPE Bach et la sonorité de Haydn est proche. S’il s’agit d’abord d’un exercice de pastiche s’inspirant d’ouvertures et symphonies de styles français et italien, l’Andante semble toutefois de la main de Mozart, guidée par celle attentive et savante de son père Léopold. Habitué à jouer et diriger par cœur afin d’être plus libre de ses mouvements et d’avoir l’esprit libéré, adopte un tempo vif selon un jeu toujours très souple. Dans certains passage rapides, on retrouve une fluidité qui fait penser à celle de Murray Perahia.

La tragédie sous la légèreté

Datant de mars 1786, le Concerto n° 24 K 491 appartient aux œuvres de la maturité et se nourrit des Noces de Figaro auxquelles Wolfgang travaillait en même temps. François Dumont explique que parmi les vingt-sept, le Concerto en ut mineur possède l’orchestration la plus développée avec cors, clarinettes, hautbois, bassons, trompettes et timbales. L’orchestre et le piano s’offrent de savoureux dialogues avec une cadence en forme de brève fantaisie au premier mouvement Allegro et une superbe berceuse un peu mystérieuse dans le Larghetto. Le final Allegretto évoque presque une fête mondaine avec huit variations dans le rondo. C’est la fête des bois où l’esprit de la sérénade domine. Le romantisme pointe son nez et d’ailleurs Beethoven s’inspirera de ces climats pour son Concerto n° 3 dans la même tonalité d’ut mineur.

Le  vingt-septième et ultime concerto pour piano de Mozart fut achevé en janvier 1791 et créé le 4 mars avec le compositeur au clavier. Dédié à son ami le clarinettiste Joseph Bähr, il foisonne d’idées musicales où l’on entend des réminiscences de l’air d’Osmin dans l’Enlèvement au sérail et un motif de la Symphonie n°41. Le badinage entre cordes et vents alterne entre un joyeux babil de clins d’œil et une tragédie silencieuse. La cantilène du Larghetto, plutôt minimaliste, évoque une aria d’opéra ou une méditation religieuse, tandis que le final Allegro s’inspire d’un Lied contemporain Sehnsucht nach dem Frühling K 596. D’une gaieté un peu forcée, cette évocation du printemps tente de faire oublier le sombre quotidien de la dernière année de Mozart.

Le jeu naturel, mais très élaboré de François Dumont s’entend tant au piano qu’à la direction où l’osmose avec les musiciens est totale. Ils répondent non pas à une autorité, mais interprètent ensemble la partition avec le bonheur de faire de la musique ensemble. Répondant avec grâce aux sollicitations du public, François Dumont lui offre le premier mouvement du Concerto italien de Bach dans un tempo vertigineux, puis une Berceuse de Chopin en guise d’au revoir.

Crédit photographique : © Jean-Baptiste Millot

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