tous les dossiers(1)

Les hommes se livrent dans Bêtes de scène à Micadanses

Danse , Festivals, La Scène

Paris, Micadanses. 28-IX-2017. Dans le cadre du festival Bien fait ! Compagnie Les Orpailleurs : Bêtes de scène. Conception chorégraphique : Jean-Christophe Bleton. Avec Lluis Ayet, Yvon Bayer, Jean-Christophe Bleton, Jean-Philippe Costes-Muscat, Jean Gaudin, Vincent Kuentz, Gianfranco Poddhige.

Humour, légèreté et autodérision… Jean-Christophe Bleton utilise l’originalité de sa compagnie atypique – des danseurs de 55 à 65 ans – pour livrer une pièce fêtant les quinquagénaires ET sexagénaires en clôture du festival Bien fait ! à Micadanses.

BETESDESCENEcris©Laurent_Paillier

La pièce s’ouvre sur sept hommes, t-shirt moulant et cheveux grisonnants. Le public entre de manière presque indiscrète au cours d’une partie de fléchettes entre copains. Les joueurs tournent le dos au public mais bientôt, la musique commence, les dos font alors place aux torses, les corps se mettent en mouvement et le décompte de l’horloge est amorcé : 1h15 de spectacle, pas une minute de plus.

Structurée autour d’exercices d’improvisation, la pièce est rythmée par une succession de défis proposés et relevées par les membres de la troupe. Pour ce faire, l’immense tableau noir habillant le fond de la scène, seul décor de la pièce, servira de support. A un âge où l’on ne va plus au tableau, chaque danseur se succède pour griffonner à la craie blanche un mot, une phrase. Ne reste plus alors qu’à ses camarades à mimer, danser, tout simplement donner vie aux quelques lettres dessinées.

« Oser », « s’effacer », « séduire », …, chacun dans son style, les danseurs se plient au jeu. Un sentiment, une action, rien ne leur résiste, du crooner au dandy, avec plus ou moins de finesse et de poésie, la personnalité de chacun s’exprime de manière différente mais avec toujours autant de vitalité. La pièce s’achève sur ce qui est décrit comme « une course endiablée » dans le programme, sans dévoiler le clou du spectacle, l’ultime illustration sera donc celle du terme « dévoiler », au son d’une corne muse et avant le salut… en peignoir, des protagonistes de la soirée.

Pièce rythmée par une structure simple et répétitive, construite en crescendo, les danseurs comptabilisant 415 ans à eux sept, et presque autant de danse, semblent prendre un réel plaisir dans cet exercice physique et artistique. Les « quinquas » se veulent toniques et rayonnants, et si l’intention aurait pu être soulignée par une mise en scène plus lumineuse, le décor minimaliste et austère fait de noir et blanc contrastant avec la volonté de légèreté de l’interprétation, le public semble ravi.

La pièce ne comporte pas de critique directe au jeunisme de la société et au-delà du message engagé, c’est avant tout un hymne à la danse, à tout âge, une danse contemporaine. La salle rit et s’étonne de voir ces danseurs de 55 à 65 ans évoluer dans l’espace avec autant d’énergie.

Crédit photographique : © Laurent Paillier

Banniere-abecedaire728-90-resmusica-janvier16

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.