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Festival Pianos d’hier Talents d’aujourd’hui, première édition

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Sermentizon. Château d’Aulteribe. 22-IX-2017. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Variations sur « Ah ! Vous dirai-je, maman » K 265 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Ballade n° 4 op. 52 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Miroirs (extraits). Florent Hu et Rodolphe Menguy, piano
23-IX-2017, Château d’Aulteribe. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour clavier K 570 ; Robert Schumann (1810-1856) : Scènes de la forêt ; Claude Debussy (1862-1918) : Estampes ; Franz Liszt (1811-1886) : Harmonies poétiques et religieuses. Vanessa Wagner, piano
24-IX-2017, Domaine royal de Randan. Franz Schubert (1797-1828) : Moments musicaux n° 2, 3, 4 ; Robert Schumann : Scènes d’enfants ; Franz Liszt : Au bord d’une source ; Funérailles ; Maurice Ravel : Gaspard de la nuit. Marie Vermeulin, piano

AulteribeUn nouveau festival a vu le jour cette année sous la direction artistique de la pianiste , « Pianos d’hier et Talents d’aujourd’hui ». La première édition a eu lieu du 21 au 24 septembre dernier, dans le château d’Aulteribe et au domaine royal de Randan, en Auvergne.

Classe de maître et concerts sur le piano Pleyel de George Onslow au château d’Aulteribe

George Onslow, compositeur auvergnat d’origine anglaise, avait un lien familial privilégié qui l’attachait au château d’Aulteribe, et y revenait régulièrement. Aujourd’hui classé monument national, le château possède des pianos Pleyel dont un à queue de 1845 ayant appartenu au compositeur et exposé dans une salle. Un autre Pleyel, que l’on suppose avoir été choisi par lui pour un membre de sa famille, est en cours de remise en état par le jeune restaurateur Jean Ramona, dans un atelier occupant un bâtiment annexe du château.

La soirée du 21 septembre est consacrée à des master classes de avec et , jeunes pianistes formés aux Conservatoires de Lyon et de Paris, sur le piano à queue Pleyel. Les cours abordent essentiellement la manière d’envisager le jeu sur un clavier ancien.

Le lendemain 22, une passionnante visite conférence de la demeure autour de l’histoire familiale d’Onslow est suivie de la présentation du Pleyel par l’accordeur Vincent Bertrand, qui situe l’instrument dans l’histoire générale de la facture du piano. Le concert du soir est partagé par nos deux jeunes pianistes qui commencent à peine à adapter leur technique au mécanisme d’autrefois. Leur interprétation est donc parfois maladroite, le piano réagissant fort différemment par rapport à un instrument actuel souvent surpuissant. L’aspect virtuose dans la quatrième Ballade de Chopin et dans l’Alborada del gracioso de Ravel, ou encore dans la Sonate « Appassionata » de Beethoven, est si tentant que les pianistes espèrent un comportement immédiat du piano, alors qu’il faut beaucoup plus de délicatesse qu’on ne l’imagine, et parfois attendre la « réponse » de l’instrument… Mais c’est un excellent début pour ces deux apprentis de l’instrument d’époque !

Vanessa Wagner - copieC’est également sur ce piano que joue Mozart, Schumann, Debussy et Liszt, le soir du samedi 23 septembre. Pour elle, « formatée » pour jouer sur des pianos très sonores dans de grandes salles de concert du monde entier, revenir à un piano d’hier est un acte « sain » pour se ressourcer et retrouver une certaine sérénité, explique-t-elle au public. Cette sérénité est particulièrement bien rendue dans les Estampes de Debussy, où les couleurs de notes exprimées sous les doigts de la pianiste forment elles-mêmes un univers. Et certaines pièces des Scènes de la forêt, comme « Fleurs solitaires » et le « Paysage souriant », se prêtent bien à la sonorité perlée dont sait tirer un meilleur profit.

Quatre pianos historiques du domaine royal de Randan

Destination le château de Randan dans l’après-midi du samedi 23. Dernier domaine royal de l’histoire de France, créé en 1821 pour le futur roi Louis-Philippe et sa sœur Adélaïde d’Orléans, le lieu abrite un musée de la chasse, la plus grande collection en Europe d’animaux naturalisés. Le domaine possède également six pianos historiques classés, dont quatre sont utilisés pour le festival : un piano carré Swansen construit à Paris en 1798 ; un piano droit Roller et Blanchet, massif et très décoré, fait à Paris en 1845 ; un Erard droit londonien de 1867 et un piano droit Steinway new-yorkais de 1905. Spécialiste et collectionneur de pianos d’hier, Alain Roudier dévoile le secret du jeu spécifique à chaque instrument aux deux jeunes pianistes. Si le piano carré exige une grande concentration, y compris pour les pédales (la pédale forte se trouve à gauche, contrairement à l’habitude, et une autre pédale actionne l’ouverture et la fermeture d’une partie de couvercle en guise de forte-piano ou crescendo-descrescendo), on peut se permettre plus de franchise sur les trois pianos droits, à condition, toujours, de bien connaître leurs caractères.

RandanRécital de Marie Vermeulin

C’est au château de Randan que se referme la première édition du festival, avec un récital de Marie Vermeulin. Au programme, des œuvres de quatre compositeurs, chacun sur l’un des quatre pianos : des extraits des Moments musicaux de Schubert sur le Swansen, Au bord d’une source et les Funérailles de Liszt sur le Roller et Blanchet, les Scènes d’enfants de Schumann sur l’Erard et Gaspard de la Nuit de Ravel sur le Steinway. Le choix de Marie Vermeulin est judicieux et appréciable, et ce, particulièrement pour deux œuvres : le son discret et précieux du piano carré révèle mieux le caractère intime des pièces de Schubert, et la modernité sonore du Steinway ainsi que sa puissance correspondent tout à fait à la modernité musicale de Ravel.

Pour conclure ces quatre jours intenses, elle invite et à interpréter à six mains le Jardin féerique de Ravel, à l’improviste et dans une ambiance chaleureuse, reflétant la convivialité et la complicité de l’événement.

Crédits photographiques : Marie Vermeulin, Rodolphe Menguy et Florent Hu devant le Pleyel de George Onslow © Château d’Aulteribe ; Vanessa Wagner © Victoria Okada ; Le piano carré Swansen et le piano droit Roller et Blanchet au Château de Randan © Domaine royal de Randan1

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