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Toulouse les orgues en balade à Limoux avec Jean-Pierre Baston

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Limoux (Aude) Eglise Saint-Martin. 09-X-2017. Jean-Nicolas Geoffroy (1633-1694) : Magnificat avec Plain-chant alterné joué à l’orgue. Louis Marchand (1669-1732) : Basse de cromorne ou de trompette ; Duo ; Récit ; Fugue (du 5° livre) ; Grand dialogue en Ut (3e livre). Jacques Boyvin (1649/55-1706) : Trois extraits de la suite du 3e ton du Second livre. Prélude ; Dessus de cornet ; Grand dialogue à 4 chœurs. Jean-Pierre Baston à l’orgue historique.

photos.orgue.et..glise.057Le Festival Toulouse les orgues proposait cette année une escapade en Roussillon à la rencontre de quelques orgues historiques dont le remarquable instrument baroque XVIIIe siècle de l’église de Limoux, présenté et joué de mains de maître par dans un programme de musique française du grand siècle.

L’église Saint-Martin de Limoux dans l’Aude et Christine Tranchant, titulaire de l’orgue, accueillait cette année le festival Toulouse les orgues dans le cadre de concerts délocalisés permettant de découvrir quelques instruments historiques d’importance de la nouvelle région Occitanie. C’est bien le cas ici avec un orgue construit entièrement par Pierre de Montbrun en 1742. Le buffet s’inspire largement de ceux produits par Christophe Moucherel à Albi, Cintegabelle ou Narbonne. Quelques années plus tard vers 1772, c’est un autre grand facteur qui intervient en la personne de Jean-François Lépine qui le restaure remarquablement en préservant le travail de son prédécesseur et en dotant l’orgue de quelques jeux supplémentaires. Au XIXe siècle l’instrument fut, comme beaucoup d’autres, romantisé par la maison Puget de Toulouse. En 1994 Pierre Vialle revient à l’état original de la fin du XVIIIe siècle, ses travaux étant complétés de manière magistrale en 2015 par Michel Formentelli.

, organiste titulaire à la cathédrale de Perpignan proposait un programme profondément adapté à la circonstance. Les découvertes ne se résumaient pas à l’orgue uniquement, puisque le premier auteur, jadis organiste lui aussi à Perpignan mais bien peu connu, a pourtant laissé un imposant manuscrit de pièces diverses pour l’orgue et le clavecin. Le Magnificat alterne habituellement des versets d’orgue et de plain-chant normalement chantés par un petit chœur, mais ici remplacé par l’orgue par la main même de l’auteur qui propose de très beaux plein-jeux agrémentés du cantus firmus sur les trompettes de pédale. Par la suite le grand , toujours éclatant, permit d’entendre entre autre le célèbre Grand dialogue en ut, grand offertoire en 5 parties, témoin des fastes du grand siècle. Le récital se terminait par des pièces de , grand représentant de l’école rouennaise classique. On apprécie là le don de la belle mélodie dans le récit de cornet et les nombreuses idées musicales se succédant avec élégance et ravissement dans le Grand dialogue à 4 chœurs utilisant à plein les divers plans sonores de cet instrument riche de 38 jeux sur trois claviers et pédalier.

baston_photo_ddmJean-Baston Baston par un jeu vif et entrainant a su révéler de manière inventive et captivante pour le public les délices de ces beaux livres de musique du passé, portés par les sonorités fruitées et contrastées de l’orgue historique de Limoux. Il faut féliciter le travail récent du facteur d’orgue Michel Formentelli et ses exigences au niveau de l’harmonie générale et de la justesse que l’on pourra qualifier de redoutable, cela mérite d’être remarqué, car le tempérament ancien de , ici parfaitement réglé, apporte un relief étonnant aux textes musicaux.

Ces initiatives de concerts en région sont judicieuses car elles montrent la richesse d’un patrimoine qui ne demande qu’à vivre. Toulouse les orgues, grâce à son directeur artistique Yves Rechsteiner, y pourvoit largement.

Crédits photographiques : Orgue © Association des Amis de l’Orgue de Saint-Martin de Limoux ; Jean-Pierre Baston © DDM

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