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Avec Kata, Anne Nguyen fait le break

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Theâtre national de la danse Chaillot, Paris. 11/X/2017. Anne Nguyen / Compagnie par Terre : Kata. Chorégraphie : Anne Nguyen. Musique : Sébastien Lété. Lumières : Ydir Acef. Avec Yanis Bouregba, Santiago Codon Gras, Fabrice Mahicka, Jean-Baptiste Matondo, Antonio Mvuani Gaston, Valentine Nagata-Ramos, Hugo de Vathaire, Konh-Ming Xiong.

Premier spectacle programmé dans la salle Gémier rénovée, Kata d’ confirme que le break, la capoeira et les arts martiaux sont solubles dans la danse contemporaine.

Les dessins et les parcours de Kata témoignent de la volonté résolument chorégraphique d’ de faire entrer le vocabulaire gestuel du break, de la capoeira ou des arts martiaux dans une écriture contemporaine. Si le face-à-face du combat ou de la lutte reste présent en sous-jacent dans la figure du cercle, d’autres formes géométriques sont introduites, telles les diagonales parallèles qui régissent les déplacements des danseurs. En réglant les entrées et les croisements à cour et à jardin, tire habilement parti de Gémier, dont le rapport scène-salle se révèle idéal pour ce type de format hyper-concentré. Lumières changeantes signées Ydir Acef et musique percussive de Sébastien Lété créent des climats où la performance n’est plus une fin, mais un moyen.

La pratique physique fonde l’énergie de la danse, essentiellement virile malgré la présence d’une femme parmi les huit interprètes. La superposition des moments solistes, en position quasiment arrêtée, avec les tutti des autres danseurs est aussi très intéressante. Leurs rapprochements corporels au ralenti ou en accéléré marque aussi une volonté de décomposition des mouvements issus du break, comme des arts martiaux, pour les recombiner dans des enchaînements inédits et décontextualisés.

Il manque cependant un véritable enjeu dramaturgique pour dépasser le flux continu du déplacement des interprètes et leur donner plus d’aspérité. Celle-ci survient, avec humour, dans un rapprochement inattendu avec les grilles de jeux vidéos : déplacements latéralisés, postures mécaniques, sautillements frénétiques. La limpidité de la lecture gestuelle, en version 2D plutôt que 3D, rend ce spectacle accessible à tous les publics.

Crédit photographique : © Little Shao

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