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À Toulouse, finale du concours d’orgue Xavier Darasse

Concours, La Scène

Toulouse. 7-X-2017. Basilique Saint-Sernin. Église Notre-Dame de la Dalbade. Église-musée des Augustins. Finale du 12e concours international d’orgue Xavier Darasse. Œuvres de Marco Enrico Bossi (1861-1925), Maurice Ravel (1875-1937), César Franck (1822-1890), Louis Vierne (1870-1967), Sergei Rachmaninov (1873-1943), Camille Saint-Saëns (1835-1921), Charles Tournemire (1870-1939), Franz Liszt (1811-1886), Claude Debussy (1862-1918), Ad Wammes (1953), Franz Danksagmüller (né en 1969), William Byrd (1543-1623), Bert Matter (né en 1937), Hermann Schroeder (1904-1984), Dietrich Buxtehude (1637-1707). Giuglio Tosti, Hendrick Burkard, Muriel Groz, Johannes Skoog, orgue

Basilique Saint-SerninLa finale du 12e concours international d’orgue s’est déroulée le 7 octobre dernier à Toulouse dans le cadre du festival Toulouse les Orgues. Ce concours, qui a lieu tous les trois ans, permet aux jeunes organistes venus du monde entier de proposer un programme entièrement libre sur l’instrument de leur choix.

On connaît l’exceptionnel patrimoine organistique de la ville de Toulouse, où presque toutes les esthétiques sont représentées par des instruments de grande qualité : symphonique à Saint-Sernin et la Dalbade, romantique à la Daurade et au Gesù, baroque allemand aux Augustins, classique français à Saint-Pierre des Chartreux, néo-classique à la cathédrale Saint-Étienne, italien à la chapelle Sainte-Anne, pour ne citer que les plus connus. Il ne manque qu’un orgue ibérique pour que le panorama soit complet. Cette situation remarquable doit beaucoup à la personnalité du regretté , qui a porté la ville de Toulouse au rang de capitale de l’orgue. C’est cette diversité stylistique qui a donné son originalité à ce concours prestigieux, où chaque concurrent est invité à concevoir un programme de concert à la forte identité artistique sur l’orgue de son choix.

On notera que cette douzième édition a été reportée d’un an en raison d’incertitudes budgétaires. Cette année, ils étaient 37 au départ, venus de tous les continents. C’est presque moitié moins que pour l’édition précédente, et cela est probablement dû à la dispersion des candidats sur de nombreux autres concours européens. La pré-sélection se fait sur écoute d’un extrait du programme enregistré par chacun, pour retenir douze candidats pour la demi-finale à Toulouse. Ces épreuves sont ouvertes au public et attirent un auditoire important qui apprécie la variété des programmes et des styles.

Le jury international se composait de (France), Juan de la Rubia (Espagne), (Italie), (France), (Belgique), Louis Robillard (France) et Wolfgang Zerer (Allemagne).

Cette année, les instruments les plus fréquemment joués furent les orgues Cavaillé-Coll de la basilique Saint-Sernin et Ahrend de l’église-musée des Augustins (quatre candidats chacun). Deux candidats à Saint-Pierre des Chartreux, un à la Dalbade et un à la cathédrale Saint-Étienne. Cela représente un véritable marathon à travers le centre-ville pour le public et le jury.

Pour le choix du répertoire, il est à noter que seule la moitié des candidats avait choisi de donner un titre à son programme, les autres n’ayant pas de thème clairement identifié. Deux tendances se sont dessinées dans le choix du répertoire : pour la musique symphonique, une part importante de transcriptions (Rachmaninov, Liszt, Ravel, Debussy…), et pour ceux qui choisissaient de la musique ancienne, une alternance avec des pièces contemporaines (Foccroulle, Ligeti, Aubertin, Paulet…).

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Après les deux journées de demi-finale, il restait quatre candidats en lice : deux à Saint-Sernin, un aux Augustins, un à la Dalbade, toujours anonymes. Les deux candidats jouant à Saint-Sernin avaient tous les deux choisi un programme faisant la part belle aux transcriptions et mettant en avant leur grande maîtrise de l’instrument et leur virtuosité. Particulièrement remarquable, pour le premier, une transcription réalisée par lui-même du Mazzepa de , où l’orgue de Saint-Sernin nous transportait dans une cavalcade infernale. Les deux autres candidats, à la Dalbade et aux Augustins, avaient fait des choix plus variés et sans doute aussi plus faciles d’écoute pour le public (le candidat de la Dalbade allant jusqu’à terminer son programme par le célébrissime Carillon de Westminster de ). Aux Augustins, l’organiste avait choisi de grouper deux par deux une pièce ancienne et une pièce contemporaine sur le même thème : à une Estampie anonyme du XIVe siècle succédait l’Estampie de Franz Danksagmüller, et la Fantaisie sur une jeune fillette de Bert Matter suivait l’Allemande de sur le même thème. Enfin, une Toccata de Hermann Schroeder était mise en regard de pièces de pour une vision contemporaine du stylus phantasticus revisité. C’est ce programme qui a eu les faveurs du public, appelé à voter pour son coup de cœur.

À l’issue de la délibération finale, le jury s’est retrouvé devant une situation inattendue : les résultats des notations étaient tellement hétérogènes qu’aucune majorité nette ne se dégageait entre les quatre candidats. Il leur a fallu faire un choix inédit pour un résultat le plus équitable possible : attribuer deux premiers prix ex-aequo et deux deuxièmes prix ex-aequo.

Les premiers prix ont été attribués à Giuglio Tosti, Italie (à la Dalbade) et à Hendrik Burkard, Allemagne (à Saint-Sernin) ; les deuxièmes prix à Johannes Skoog, Suède (à Saint-Sernin) et à Muriel Groz, France (aux Augustins). Cette dernière a remporté le Prix du public.

En conclusion, ces trois journées de concours ont prouvé le niveau exceptionnellement élevé de toute une nouvelle génération d’organistes et la fidélité sans faille d’un public attentif. L’avenir de l’orgue est assuré.

Crédit photographique : Basilique Saint-Sernin © C. Glaenzer ; les lauréats, de gauche à droite, J. Skoog, G. Tosti, M. Groz, H. Burkard © Thomas Guillin

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